Bilan des 100 jours : internet, cybersécurité, administration numérique, Marc Alexandre Doumba déroule la stratégie digitale

Invité de l’émission « Les 100 jours du Gouvernement » sur Gabon Première, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Marc Alexandre Doumba, a détaillé les grandes orientations de son département ministériel. Connectivité, baisse du coût d’Internet, lutte contre la corruption par la digitalisation, restructuration de la Poste SA, cybersécurité et soutien aux start-up, le membre du gouvernement a présenté une feuille de route ambitieuse, portée par la volonté de faire du numérique un pilier de transformation économique et administrative du Gabon.

Dès l’entame de son intervention, Marc Alexandre Doumba a rappelé que son action s’inscrit dans la vision impulsée par le président, Brice Clotaire Oligui Nguema. « La vision impulsée par le Président de la Transition est de faire du numérique un levier transversal de croissance, de transparence et d’inclusion sociale », a déclaré le ministre. Selon lui, le numérique ne doit plus être perçu comme un simple secteur technique, mais comme un outil stratégique capable d’optimiser les recettes de l’État, de restaurer la confiance entre l’administration et les citoyens et de réduire les inégalités territoriales. Sa feuille de route repose ainsi sur trois axes, tels que la modernisation des infrastructures de connectivité, la digitalisation des services publics et le développement d’un écosystème national de l’innovation.

Très attendu sur la question du coût élevé de la data et des inégalités de couverture réseau, le ministre a reconnu les frustrations des populations, notamment dans l’intérieur du pays. « Nous ne pouvons pas parler d’économie numérique si une partie de la population est financièrement ou géographiquement exclue du réseau », a-t-il affirmé. Il a révélé que des discussions « fermes » ont été engagées avec l’ARCEP et les opérateurs de téléphonie mobile afin d’auditer la structure des coûts et d’imposer une baisse « progressive, réaliste et durable » des tarifs Internet. En parallèle, le gouvernement entend accélérer le déploiement du service universel pour désenclaver les zones rurales et améliorer la connectivité dans l’hinterland.

Lire Aussi:  Un data center “made in Nkok” pour renforcer la souveraineté numérique du pays

Le ministre a également insisté sur le rôle central de la digitalisation dans la lutte contre la corruption et les pertes financières de l’État. Pour Marc Alexandre Doumba, « la numérisation est la pire ennemie de la petite corruption de guichet ». Le gouvernement travaille ainsi à la suppression progressive des paiements en espèces pour les actes administratifs et judiciaires. La généralisation des solutions de Mobile Money et la mise en place d’un portail unique de l’administration publique doivent permettre de limiter les contacts physiques entre usagers et agents administratifs, tout en sécurisant les recettes publiques. « En éliminant les paiements en espèces, nous facilitons la vie des Gabonais et nous réduisons considérablement les opportunités de corruption », a-t-il expliqué.

Autre dossier sensible abordé durant l’émission, la crise profonde qui secoue La Poste SA. Face aux tensions sociales persistantes et aux difficultés financières accumulées depuis plusieurs années, le ministre a affiché une position de fermeté. « Le dossier de la Poste SA est complexe et hérité de nombreuses années de gestion défaillante », a-t-il reconnu. Un audit structurel complet est actuellement mené pour évaluer l’ampleur de la dette sociale et repenser le modèle économique de l’entreprise. Pour le gouvernement, il ne s’agit plus seulement de sauver une structure en difficulté, mais de la repositionner dans les secteurs du commerce électronique et des services financiers digitaux de proximité.

Avec l’accélération de la digitalisation, la question de la cybersécurité et de la souveraineté numérique s’impose désormais comme un enjeu majeur. Marc Alexandre Doumba a annoncé l’accélération du projet de construction d’un Data Center national de haute sécurité. « Plus nous digitalisons notre pays, plus nous nous exposons à des risques cybernétiques », a-t-il averti. Le ministre affirme vouloir garantir que les données sensibles de l’État gabonais et celles des citoyens soient stockées et protégées exclusivement sur le territoire national. Cette orientation s’inscrit dans une logique de souveraineté numérique visant à limiter la dépendance du pays vis-à-vis des infrastructures étrangères.

Lire Aussi:  Un data center “made in Nkok” pour renforcer la souveraineté numérique du pays

Le ministre de l’Économie numérique a également consacré une large partie de son intervention à la jeunesse et à l’innovation technologique. Convaincu que le Gabon dispose d’un important vivier de talents dans le domaine du numérique, il a annoncé la finalisation prochaine d’un « Start-up Act gabonais ». Ce cadre réglementaire doit offrir des avantages fiscaux, des facilités de financement et des espaces de co-working aux jeunes entrepreneurs de la Tech. « Le Gabon regorge de jeunes développeurs brillants. Notre rôle est de leur donner les moyens de créer de la valeur ici », a insisté Marc Alexandre Doumba, qui ambitionne de faire émerger un véritable écosystème numérique national capable de créer des emplois durables.

À travers cette sortie médiatique, le ministre a cherché à démontrer que la transformation numérique, pour lui, constitue désormais un chantier stratégique. Entre promesses de baisse des coûts d’Internet, modernisation administrative, cybersécurité et soutien à l’innovation et que le gouvernement veut faire du numérique un instrument de gouvernance et de développement économique. Reste désormais à traduire ces annonces en résultats concrets, dans un pays où les attentes des citoyens demeurent particulièrement fortes sur la qualité des services publics et l’accès équitable aux outils numériques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *