Contrefaçon et huiles importées controversées : la santé des Gabonais en question, la DGSS et les Douanes interpellées

Deux affaires liées aux huiles alimentaires suscitent actuellement de vives inquiétudes au Gabon. D’un côté, la Direction générale des Services spéciaux (DGSS), avec l’appui de la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) et de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), a démantelé un réseau clandestin de fabrication et de reconditionnement d’huiles alimentaires. De l’autre, la marque VICKING fait l’objet de nombreuses interrogations quant à sa conformité et à son circuit d’importation.

Le 22 juillet, les autorités ont investi une maison transformée en véritable unité de production clandestine. Derrière les murs de cette habitation, une activité frauduleuse aurait été menée depuis près de trois ans. Les enquêteurs y ont découvert une chaîne artisanale de remplissage, d’étiquetage et de conditionnement d’huiles alimentaires, fonctionnant dans des conditions jugées particulièrement insalubres.

Parmi les produits saisis figuraient notamment des sachets d’huile Rose déjà conditionnés en format de 250 millilitres, des stocks d’huile VICKING, ainsi que du matériel de conditionnement destiné à leur commercialisation. Selon les premiers éléments de l’enquête, ces produits étaient écoulés dans les circuits de proximité.

La DGCCRF indique avoir identifié un mode opératoire préoccupant. Selon sa directrice, Lyse Emmanuelle Ntsame Obame, « Nous avons remarqué qu’ils font venir des conteneurs de 20 pieds contenant de l’huile Viking, qu’ils viennent ensuite reconditionner ici sous le label Olam Cuisine Or. » Si ces faits sont confirmés par l’enquête, ils traduiraient une fraude portant non seulement sur la qualité des produits, mais également sur l’utilisation frauduleuse d’une marque reconnue sur le marché gabonais.

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une partie de la cargaison saisie

L’un des employés interpellés a expliqué que cette huile était principalement revendue dans les commerces de quartier afin de répondre à une clientèle disposant de faibles revenus. « Nous, on travaille avec les boutiquiers. Et cette huile est destinée à ceux qui n’ont pas les moyens. On appelle cela l’huile un quart », a-t-il déclaré aux enquêteurs.

Au cours de cette opération, plusieurs personnes, parmi lesquelles des ressortissants chinois et leurs collaborateurs ouest-africains, ont été interpellées sous la supervision du procureur de la République. Les investigations ont également conduit les autorités vers un entrepôt situé dans la zone industrielle d’Oloumi, où d’importantes quantités de cigarettes de contrebande ont été découvertes, laissant supposer l’existence d’un réseau plus vaste de commerce illicite.

Au-delà du démantèlement de cette usine clandestine, un autre sujet continue d’alimenter les interrogations celui de l’huile VICKING. Des informations relayées sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias affirment que cette huile aurait été déclarée non conforme dans un autre pays. Si cette information venait à être officiellement confirmée, elle soulèverait de sérieuses questions sur les contrôles effectués lors de son importation et de sa commercialisation au Gabon.

Les professionnels de santé rappellent que la consommation régulière d’huiles falsifiées ou ne répondant pas aux normes de sécurité peut entraîner des intoxications alimentaires, des atteintes du foie et une exposition accrue à certaines substances potentiellement cancérigènes.

Face à cette situation, de nombreux Gabonais réclament davantage de transparence de la part des autorités. Ils demandent notamment : la publication des résultats des analyses réalisées sur les huiles saisies, notamment les produits Rose, Cuisine Or et VICKING ; des explications de la DGSS, de la DGCCRF et des Douanes sur les procédures de contrôle appliquées aux produits alimentaires importés et le retrait immédiat de tout produit reconnu dangereux ou non conforme ainsi que des sanctions exemplaires contre les réseaux de contrefaçon.

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Cette affaire dépasse désormais le simple cadre de la fraude. Elle met en lumière les failles potentielles du système de contrôle des produits alimentaires et relance le débat sur la traçabilité des denrées consommées au Gabon. En attendant les conclusions officielles, les consommateurs sont invités à privilégier les points de vente reconnus, à vérifier l’intégrité des emballages et à signaler toute suspicion de fraude aux autorités compétentes.

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