Maroc : une enquête canonique vise l’archevêque de Rabat après des accusations de violences sexuelles

L’Église catholique au Maroc traverse une période de fortes turbulences après l’ouverture d’une enquête canonique préliminaire du Vatican visant le cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, à la suite d’accusations de violences sexuelles et de comportements inappropriés formulées par plusieurs femmes majeures.

L’affaire, révélée cette semaine par une enquête de l’Agence France-Presse (AFP), a conduit le prélat espagnol à annoncer son retrait temporaire de certaines activités publiques. Dans un communiqué, il a indiqué se mettre en retrait pendant le déroulement de la procédure, tout en continuant d’assurer la gouvernance de l’archidiocèse de Rabat.

Selon les informations publiées par l’AFP, au moins cinq femmes affirment avoir été victimes de comportements qu’elles jugent inappropriés. L’une d’elles évoque des agressions sexuelles répétées, tandis que d’autres décrivent des gestes physiques qu’elles considèrent comme déplacés, notamment des accolades insistantes et prolongées.

À ce stade, aucune plainte n’a été déposée devant les juridictions marocaines. L’affaire relève donc, pour l’heure, de la justice interne de l’Église catholique. Les éléments recueillis ont toutefois été jugés suffisamment sérieux pour conduire le Vatican à ouvrir une enquête canonique préliminaire, première étape destinée à évaluer la crédibilité des faits rapportés et à déterminer les suites éventuelles de la procédure.

Cette enquête pourrait déboucher, selon ses conclusions, sur l’ouverture d’un procès canonique ou sur d’autres mesures disciplinaires prévues par le droit de l’Église.

Nommé archevêque de Rabat en 2017 puis créé cardinal en 2019 par le pape François, Cristóbal López Romero est considéré comme l’une des principales voix de l’Église catholique en Afrique du Nord. Membre de la congrégation des Salésiens de Don Bosco, il s’est illustré par son engagement en faveur du dialogue entre les religions, de l’accueil des migrants et de la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans.

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Dans un pays où les catholiques représentent une minorité, essentiellement composée d’expatriés et de migrants, il incarnait depuis plusieurs années une Église tournée vers le dialogue, la solidarité et la coopération avec les autorités marocaines.

Âgé de 74 ans, le cardinal Cristóbal López Romero devait achever son ministère à la tête de l’archidiocèse de Rabat en mai 2027, conformément à la limite d’âge fixée pour les évêques catholiques. Les développements de cette procédure pourraient toutefois modifier ce calendrier.

Figure reconnue du dialogue entre chrétiens et musulmans au Maroc, le cardinal s’était distingué ces dernières années par son engagement en faveur du rapprochement interreligieux et de l’accompagnement de la petite communauté catholique du royaume.

Cette affaire intervient dans un contexte où l’Église catholique poursuit ses efforts pour renforcer la prise en compte des signalements de violences sexuelles au sein de l’institution. Depuis plusieurs années, le Vatican a engagé des réformes visant à améliorer les procédures de traitement des plaintes et à renforcer les mécanismes de prévention et de responsabilité.

L’enquête canonique se poursuit. Aucune conclusion n’a, à ce stade, été rendue publique et les accusations visant le cardinal Cristóbal López Romero n’ont pas été établies par une décision définitive.

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