La lutte contre le cancer s’impose progressivement comme une urgence sanitaire en Afrique. À Genève, lors du Forum de coordination sanitaire du Commonwealth, le Gabon était représenté par le ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, a rappelé l’ampleur du défi que représentent les maladies non transmissibles pour les systèmes de santé africains, confrontés à des besoins croissants en infrastructures, en spécialistes et en financements.
Longtemps dominées par les maladies infectieuses, les priorités sanitaires africaines évoluent désormais vers la prise en charge des pathologies chroniques, notamment les cancers. Cette transition épidémiologique oblige plusieurs pays, dont le Gabon, à adapter leurs politiques publiques afin de répondre à une demande de soins de plus en plus complexe.
Réunis à Genève dans le cadre du Commonwealth Health Coordination Forum, les responsables de santé ont mis en garde contre la progression inquiétante des cancers dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. Le manque de dépistage précoce, l’insuffisance des équipements spécialisés et le coût élevé des traitements continuent de limiter les chances de survie de nombreux patients africains.
Pour le Gabon, cette situation souligne l’urgence de renforcer les capacités nationales en matière d’oncologie. Le pays cherche notamment à améliorer l’accès aux examens de dépistage, à développer les infrastructures hospitalières et à former davantage de personnels spécialisés capables de prendre en charge ces pathologies complexes.
Les échanges du forum ont également insisté sur le rôle de la prévention dans la réduction des cas de cancer. Sensibilisation des populations, vaccination contre certains virus à risque et promotion des consultations médicales régulières figurent parmi les stratégies jugées prioritaires pour réduire la mortalité liée aux maladies non transmissibles.
Cette rencontre intervient enfin à quelques jours de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la Santé, où plusieurs thématiques majeures seront débattues, notamment la couverture sanitaire universelle, la vaccination et le financement des politiques de santé. À travers sa participation à cette rencontre internationale, le Gabon veut ainsi mettre la question du cancer parmi les priorités sanitaires nationales et africaines. Une démarche qui reflète l’évolution des enjeux de santé publique sur le continent, où les maladies chroniques représentent désormais un défi aussi important que les crises infectieuses.