La question de la dette intérieure de l’État envers les entreprises a occupé une place importante dans les échanges entre le président de la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG), Alain-Claude Kouakoua, et la presse, en marge de la deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF 2026). Considérée comme l’un des principaux freins à la trésorerie des entreprises, cette problématique fait actuellement l’objet de discussions entre la FEG, la task force mise en place par le gouvernement et le ministère de l’Économie, en vue de proposer un mécanisme de remboursement soutenable.
Le président de la FEG a indiqué que les travaux engagés devraient aboutir à des propositions concrètes avant la mi-juillet. L’objectif est de concilier les contraintes budgétaires de l’État avec les attentes des entreprises créancières, dont plusieurs attendent depuis des années le règlement de leurs prestations.
« Nous avons travaillé avec la task force et le ministère de l’Économie. D’ici le 15 juillet, nous allons restructurer la dette et trouver des solutions, des mécanismes de remboursement. L’État ne peut pas payer la totalité de la dette immédiatement, mais nous allons mettre en place un programme, un échéancier, pour permettre à tout le monde de récupérer sa dette », a déclaré Alain-Claude Kouakoua.
Pour lui, le remboursement ne pourra se faire en une seule fois. Un étalement sur plusieurs années est envisagé afin de préserver les équilibres des finances publiques tout en répondant progressivement aux attentes des entreprises. « Je pense qu’un maximum de cinq ans devra permettre d’apurer cette dette, parce qu’il faut également préserver les banques et le Trésor public », a-t-il expliqué.
Le président de la FEG a toutefois insisté sur la nécessité de distinguer les créances effectivement reconnues par l’État de celles dont la régularité reste à démontrer. Ce travail de vérification constitue, selon lui, un préalable indispensable à toute opération de remboursement.
« Il y a la dette certaine et malheureusement des dossiers qui ne remplissent pas les conditions nécessaires. En accord avec la task force du ministère de l’Économie, nous avons identifié la dette certaine, qui sera discutée dans les prochains jours. La FEG s’est pleinement impliquée dans ce processus et nous aurons des solutions d’ici le 15 juillet », a précisé Alain-Claude Kouakoua.
Interrogé sur les critiques récurrentes selon lesquelles l’État aurait longtemps privilégié le règlement de sa dette extérieure au détriment de la dette intérieure, le président de la FEG estime que des avancées notables ont été enregistrées ces derniers mois.
« Je peux vous dire que beaucoup d’entreprises ont déjà été payées. Elles ne le communiquent pas forcément, mais nous nous sommes aperçus que plusieurs créances ont été réglées. C’est vrai qu’il reste encore des efforts à faire, mais nous estimons qu’environ 50 % de la dette intérieure a été payée depuis l’arrivée du CTRI », a-t-il affirmé.
Pour la Fédération des Entreprises du Gabon, la régularisation progressive de cette dette constitue un enjeu majeur pour la relance de l’activité économique. Le paiement des créances publiques permettrait aux entreprises concernées de renforcer leur trésorerie, de régler leurs fournisseurs, d’investir davantage et de préserver l’emploi. À travers les discussions engagées avec les autorités, la FEG espère ainsi parvenir à un compromis garantissant à la fois la soutenabilité des finances publiques et la continuité des activités des entreprises créancières.
Les conclusions de ces travaux, attendues d’ici au 15 juillet, devraient préciser les modalités du futur calendrier de remboursement et les mécanismes retenus pour apurer progressivement la dette intérieure de l’État.