Iboga Leadership Summit 2026 : le Gabon réaffirme sa souveraineté culturelle autour de l’iboga et du Bwiti

Plus qu’une simple plante, l’iboga est apparue comme un symbole de l’identité culturelle gabonaise lors de l’Iboga Leadership Summit 2026, organisé à Libreville. Pendant plusieurs jours, chercheurs, leaders traditionnels, autorités publiques et partenaires internationaux ont débattu de l’avenir de cette ressource emblématique, avec une conviction largement partagée, le Gabon entend désormais reprendre la parole sur un patrimoine qui lui est propre.

Dès l’ouverture des travaux au Radisson Blu, les organisateurs ont donné le ton. Avant les interventions scientifiques et les discussions économiques, la cérémonie s’est ouverte sur une séquence culturelle. Un arbre d’iboga a été installé au centre de la salle, des initiés au Bwiti, vêtus de tenues traditionnelles exécutant des chants et des danses rituelles, rappelant que l’iboga demeure avant tout une plante sacrée dans la tradition gabonaise.

Cette mise en scène traduisait la volonté des organisateurs de replacer les communautés détentrices de ce savoir au cœur des débats. À la table des intervenants, chercheurs internationaux et gardiens du Bwiti ont échangé sur un pied d’égalité, illustrant l’ambition du sommet de rapprocher science moderne et savoirs ancestraux.

L’une des principales préoccupations exprimées au cours des échanges concernait la protection du patrimoine culturel face aux risques de biopiraterie et d’appropriation des connaissances traditionnelles.

Interrogés sur les garanties offertes aux communautés locales, les organisateurs ont rappelé que l’ouverture à la recherche scientifique ne saurait se faire au détriment des traditions.

« La tradition Bwiti n’est pas à vendre, elle est à respecter. L’ouverture scientifique ne signifie pas la trahison des ancêtres. Le Gabon ne livrera pas ses secrets ; il choisira ce qu’il partage, comment il le partage et à quelles conditions », ont-ils expliqué au cours de la conférence de presse.

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La question de la souveraineté culturelle a également été au centre de l’intervention de Patrick Nzamba Mikala, fondateur de Moughenda Village et initiateur du sommet. Tout en rappelant que l’iboga est présente dans plusieurs pays d’Afrique centrale, il a insisté sur la place particulière qu’occupe le Gabon dans l’histoire et la pratique du Bwiti.

« L’iboga est unique et elle n’a pas de photocopie. On ne peut pas parler de l’iboga quand on n’a aucune connaissance sur cette plante. Elle relève des savoirs ancestraux, des savoirs divins. Le Bwiti se pratique aussi au Cameroun, au Congo et ailleurs, mais celui qui est pratiqué au Gabon est le meilleur », a déclaré Patrick Nzamba Mikala.

Au-delà des aspects culturels, le fondateur du sommet estime que le Gabon doit devenir un acteur incontournable de toutes les initiatives internationales consacrées à l’iboga. Selon lui, les connaissances accumulées depuis des générations par les communautés Bwiti doivent être reconnues comme un patrimoine vivant, au même titre que les ressources naturelles du pays.

Cette vision a trouvé un écho dans les échanges avec la presse, plusieurs intervenants estimant que le Gabon devait désormais fixer lui-même les règles encadrant la recherche, la valorisation et la diffusion des connaissances liées à l’iboga.

Réunissant plus de 450 participants venus d’Afrique, d’Europe, des Amériques et d’Asie, l’Iboga Leadership Summit marque une étape importante dans cette démarche. Pour la première fois, le débat international sur l’iboga se tient sur son territoire d’origine, avec une place centrale accordée aux détenteurs des savoirs traditionnels.

À travers cette rencontre, le Gabon entend faire reconnaître l’iboga non seulement comme une ressource naturelle, mais aussi comme un élément majeur de son patrimoine culturel, dont la transmission et la protection relèvent de sa souveraineté.

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