BOTF appelle à une stratégie nationale autour de l’iboga et des savoirs traditionnels

Au moment où l’ibogaïne attire l’attention des laboratoires et des investisseurs étrangers, des acteurs gabonais appellent à une meilleure protection de l’iboga, plante emblématique du patrimoine culturel et spirituel national. Pour l’ONG Blessings Of The Forest (BOTF), l’accélération des recherches internationales autour de cette substance pourrait placer le Gabon devant un risque de perte de contrôle sur une ressource stratégique issue de son territoire.

Dans un communiqué publié ce 11 mai, BOTF s’inquiète de l’intérêt croissant manifesté à l’étranger pour l’ibogaïne, molécule extraite de l’iboga. L’organisation évoque notamment l’intensification des recherches menées aux États-Unis dans le traitement des traumatismes crâniens et du stress post-traumatique. Selon elle, cette dynamique scientifique s’accompagne désormais d’investissements importants et d’une multiplication des brevets liés aux applications thérapeutiques de la substance.

Pour l’ONG, cette évolution marque un tournant majeur dans l’histoire de l’iboga. Longtemps associé aux rites initiatiques et aux usages traditionnels en Afrique centrale, le végétal est aujourd’hui au cœur d’intérêts économiques et pharmaceutiques internationaux. BOTF estime que les enjeux dépassent désormais le simple cadre médical et concernent également la protection des savoirs traditionnels ainsi que la maîtrise des ressources biologiques nationales.

Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités gabonaises à accélérer la mise en place d’un dispositif de protection adapté. Elle plaide notamment pour un meilleur encadrement des ressources liées à l’iboga, la documentation des connaissances traditionnelles et le renforcement des outils juridiques permettant de défendre les intérêts du pays dans un contexte de forte concurrence internationale.

Si le Gabon ne dispose pas encore des capacités industrielles des grandes puissances engagées dans la recherche sur les psychédéliques thérapeutiques, BOTF estime néanmoins qu’il demeure essentiel de préserver la dimension culturelle, historique et stratégique de l’iboga. Avec l’essor mondial du marché de l’ibogaïne, le dossier prend progressivement une importance géopolitique et économique qui dépasse désormais les frontières gabonaises.

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