Le mardi 04 août 2026, le député du 2ᵉ arrondissement d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, s’est prêté à un exercice peu courant dans le paysage politique gabonais : un échange en direct sur TikTok avec des activistes de la diaspora Bernard Christina Rekoula, princesse de Souba et bien d’autres. Loin des cadres feutrés de l’hémicycle ou des conférences de presse classiques, l’élu a choisi de se confronter frontalement aux interpellations, souvent vives, d’une frange de l’opinion habituée à interpeller le pouvoir sans détour. Un choix qui, à lui seul, tranche avec les habitudes de réserve encore largement partagées par la classe politique nationale.
La dette et l’économie gabonaise en ligne de mire
Sans surprise pour qui suit son parcours parlementaire, l’ancien directeur général de la Dette a consacré une large partie de l’échange à la situation des finances publiques et à la trajectoire économique du pays. Il y a retrouvé le ton pédagogique qui a marqué ses interventions récentes à l’Assemblée nationale, s’attachant à expliquer, chiffres à l’appui, la mécanique de l’endettement et ses implications pour les générations futures plutôt que de se contenter de slogans. Une manière de transformer un format grand public, taillé pour l’instantané, en séance de vulgarisation économique.
Une cohérence politique assumée face aux critiques
L’échange n’a toutefois pas été un long fleuve tranquille. Plusieurs activistes ont reproché au député d’avoir infléchi, depuis son élection, une posture jadis plus offensive à l’égard du pouvoir sous Ali Bongo, l’accusant d’une forme de mansuétude envers les autorités actuelles. Face à ces attaques, parfois formulées avec virulence, Ntoutoume Ayi a défendu la cohérence de sa ligne, distinguant le soutien à la légitimité institutionnelle du silence sur les manquements qu’il continue de dénoncer, dette publique en tête. Il a tenu ce cap sans esquiver les questions les plus directes, préférant l’argumentation à l’esquive.
Le dossier Wilfried Okoumba, un sujet abordé sans détour
Le débat a également glissé vers un terrain plus personnel, avec l’évocation du cas de Wilfried Okoumba, activiste aujourd’hui incarcéré à la suite d’une plainte pour diffamation déposée par le député. Plutôt que d’éluder la question, Ntoutoume Ayi a choisi de ne pas s’expliquer publiquement sur cette affaire judiciaire en cours, dont les faits restent à ce stade à confirmer devant la justice.
La pédagogie comme méthode politique
Au terme de cet échange dense, c’est moins l’absence de désaccords que la manière de les affronter qui retient l’attention. En acceptant de débattre en direct, sans filtre ni script, avec une partie des activistes les plus critiques, le député d’Akanda a réaffirmé une méthode qu’il avait déjà mise en avant à l’Assemblée nationale : celle du langage de vérité, y compris lorsqu’il expose à la contradiction. Une audace qui, sur un terrain aussi exposé que celui des réseaux sociaux, n’est pas si répandue chez les élus gabonais.
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