Au terme d’une présidence guinéenne marquée par la modernisation et l’impulsion de réformes structurelles, le Gabon prend officiellement pris la présidence du Conseil des ministres du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) à l’issue de la 43e session ordinaire de l’institution, marquée par une cérémonie solennelle de passation de témoin entre la Guinée et le Gabon, avec le défi de consolider les acquis et de régler la crise des financements.
Le passage de témoin s’est fait sous le signe de la continuité et de la responsabilité. La Dre Diaka Sidibé, ministre guinéenne et Présidente sortante du Conseil des ministres du CAMES, a officiellement passé le flambeau au Pr Charles Edgar Mombo du Gabon, pays cofondateur historique de l’organisation.
« Les débats ont été riches, francs et constructifs, témoignant de notre engagement partagé à renforcer davantage l’excellence académique et scientifique au sein de nos États membres », a-t-il déclaré devant les délégations ministérielles, les responsables universitaires et les partenaires institutionnels présents.
Le bilan de la présidence guinéenne : modernisation et numérique
Sous le leadership du Président guinéen Mamadi Doumbouya, le mandat 2025-2026 aura posé les jalons d’une transformation profonde. La Dre Diaka Sidibé a notamment mis en avant la redynamisation de la recherche scientifique via une politique commune d’innovation, ainsi que l’avancement majeur du projet d’académie virtuelle, l’AVI-CAMES.
« Nous avons œuvré afin que notre institution puisse se repositionner sur le plan régional et international », a-t-elle souligné, rappelant que les évaluations statutaires et l’accréditation des programmes s’étaient tenues avec rigueur au cours de l’année écoulée.
La responsable guinéenne a toutefois rappelé plusieurs défis majeurs auxquels l’organisation demeure confrontée, notamment le faible niveau de recouvrement des contributions financières des États membres et la nécessité de renforcer les partenariats avec les bailleurs internationaux.
Elle a exhorté la nouvelle présidence à poursuivre les efforts engagés pour l’opérationnalisation de l’académie virtuelle, la mise en œuvre de la politique commune de recherche et d’innovation ainsi que l’harmonisation des systèmes d’enseignement supérieur au sein des 19 États membres.
Les urgences financières de la présidence gabonaise
Malgré ces avancées, la feuille de route du Gabon s’annonce dense. La nouvelle présidence s’engage à mener un « suivi rigoureux » des décisions. Le premier grand défi sera d’ordre financier car le taux de recouvrement des contributions des États membres reste structurellement très faible. Le Gabon devra poursuivre les discussions stratégiques amorcées par la Guinée avec les partenaires techniques et financiers internationaux pour sécuriser le budget de l’institution.
Saluant la diplomatie impulsée par le Chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Pr Mombo a réaffirmé l’attachement du Gabon aux idéaux du CAMES. Entre transformation numérique, harmonisation des systèmes d’enseignement et rigueur budgétaire, la nouvelle équipe dispose de douze mois pour transformer ces orientations en résultats mesurables au bénéfice de la communauté universitaire africaine.