Éducation nationale : malgré la tourmente judiciaire, camélia Ntoutoume Leclercq défend le budget rectificatif 2026

Alors que le ministère de l’Éducation nationale est secoué depuis plusieurs semaines par une vaste enquête sur des soupçons de détournements et de surfacturations portant sur plusieurs centaines de millions de francs CFA, la ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq est passée pour défendre les crédits alloués à son département dans le cadre de la loi de finances rectificative 2026.

Le contraste est saisissant, d’un côté, une enquête judiciaire qui continue de faire des vagues au sein du ministère de l’Éducation nationale ; de l’autre, une ministre appelée à défendre devant la représentation nationale les moyens financiers destinés au fonctionnement du secteur éducatif.

Ce jeudi, devant la Commission des Finances, du Budget et des Comptes économiques de la Nation, Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, a présenté la Mission ministérielle Éducation nationale dans le cadre de l’examen de la loi de finances rectificative 2026.

Pour cet exercice, le département ministériel sollicite une enveloppe de 260,2 milliards de francs CFA, contre 287,3 milliards de francs CFA inscrits dans la loi de finances initiale 2026, soit une baisse globale de plus de 27,1 milliards de francs CFA.

Une enquête aux lourdes ramifications

Cette audition intervient dans un contexte particulièrement sensible. Une enquête menée par les services compétents a mis au jour un présumé système de surfacturations et de détournements au sein de la Direction centrale des affaires financières (DCAF) du ministère.

Selon les premiers éléments de l’enquête relayés dans plusieurs sources, les montants en cause seraient estimés entre 560 et 700 millions de francs CFA. Le mécanisme reposerait notamment sur des surfacturations de bons de caisse et des manipulations liées aux primes de vacation des enseignants.

Lire Aussi:  Concours d’entrée à l’École des Mines de Moanda : les inscriptions pour 2025 sont ouvertes

L’affaire a conduit à l’interpellation d’une vingtaine d’agents du ministère parmi les fonctionnaires affectés à ce service stratégique. Plusieurs personnes entendues par les enquêteurs auraient affirmé avoir agi en qualité d’exécutants, soutenant que les dépenses engagées étaient validées selon la chaîne hiérarchique habituelle.

Une ministre sous pression, mais pas mise en cause

À ce stade de la procédure, Camélia Ntoutoume Leclercq n’a fait l’objet d’aucune inculpation ni mise en examen publique. Toutefois, les déclarations de certains agents interpellés, qui évoquent la validation administrative des dépenses contestées, placent la ministre dans une situation politiquement délicate.

Malgré ce climat tendu, la membre du gouvernement poursuit ses activités officielles et assume pleinement ses responsabilités à la tête du département de l’Éducation nationale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *