Bilan des 100 jours : l’armée accélère sa modernisation et renforce le dispositif sécuritaire national

Invitée de l’émission spéciale « La Nuit des 100 jours » diffusée sur les antennes de Gabon Première, la ministre d’État en charge de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a présenté jeudi soir le bilan des premières actions engagées par son département depuis la mise en place du gouvernement réajusté.

Face aux journalistes et aux téléspectateurs, la ministre a détaillé les grandes orientations de la stratégie sécuritaire voulue par le Président, Brice Clotaire Oligui Nguema, articulée autour du renforcement des effectifs, de la sécurisation du territoire, de la modernisation des infrastructures militaires et de l’autonomisation progressive des forces de défense.

Un recrutement massif pour renouveler les effectifs

Le ministère de la Défense nationale affirme avoir engagé un vaste programme de recrutement destiné à répondre au vieillissement des effectifs et aux besoins croissants des différentes forces armées.

Au total, 3 555 nouvelles recrues ont été intégrées au mois de mars 2026. Selon les autorités, ces jeunes issus de l’ensemble des provinces du pays suivent actuellement leur formation dans les différents centres d’instruction de l’armée de terre, de l’armée de l’air, de la marine nationale, de la gendarmerie, du service de santé militaire et du génie militaire.

Pour poursuivre cette dynamique, Brigitte Onkanowa a annoncé avoir sollicité plus de 3 200 postes budgétaires supplémentaires afin d’assurer de nouvelles vagues de recrutement dans les prochains mois.

Renforcement des frontières et lutte contre le grand banditisme

La sécurisation du territoire national demeure l’une des priorités affichées du gouvernement de Transition. Face aux défis liés aux frontières terrestres jugées poreuses, plusieurs opérations militaires ont été déployées à l’intérieur du pays afin de renforcer le contrôle des zones sensibles et lutter contre les trafics illicites ainsi que l’exploitation illégale des ressources naturelles.

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Les opérations Kubia, Mikbé, Bayendé et Moueté figurent parmi les principales missions de sécurisation actuellement en cours.

Sur le plan de la sécurité intérieure, la ministre a indiqué que plus de 14 000 patrouilles avaient été effectuées dans le Grand Libreville ainsi qu’à l’intérieur du pays durant les cent premiers jours d’action gouvernementale.

Ces opérations ont permis, selon les chiffres communiqués par le ministère, de constater plus de 650 délits et 90 crimes, avec plusieurs interpellations de personnes recherchées par les services de sécurité.

Le gouvernement prévoit également le déploiement de huit brigades d’arrondissement supplémentaires afin de renforcer la sécurité de proximité dans les principales zones urbaines.

Surveillance maritime et nouvelles technologies

Le ministère de la Défense nationale affirme avoir renforcé la surveillance de la façade maritime gabonaise, longue d’environ 800 kilomètres de côtes, afin de lutter contre la piraterie maritime, les trafics illégaux et les atteintes à la pêche artisanale.

Dans cette stratégie, l’armée gabonaise s’appuie désormais sur de nouveaux moyens technologiques, notamment des drones de surveillance déployés aussi bien au-dessus des espaces maritimes que dans certaines zones forestières sensibles.

Modernisation des infrastructures militaires

La ministre d’État a également présenté l’état d’avancement de plusieurs chantiers d’infrastructures militaires engagés dans le cadre de la modernisation des forces armées.

La future caserne de Kabala affiche un taux d’exécution estimé à 85 %. Cette infrastructure devrait accueillir une brigade mixte renforcée ainsi qu’un peloton mobile de gendarmerie destiné au contrôle frontalier.

À Makokou, la nouvelle caserne des sapeurs-pompiers est désormais achevée, tandis que celle de Lambaréné devrait être livrée prochainement.

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À Port-Gentil, les travaux de construction de l’escadron mobile de gendarmerie ont atteint environ 75 % d’exécution. Le gouvernement estime que cette infrastructure permettra d’améliorer l’autonomie opérationnelle des forces de sécurité dans la capitale économique.

Vers une industrie de défense nationale

Dans une perspective de souveraineté stratégique, le ministère entend également réduire progressivement la dépendance du Gabon vis-à-vis des importations de matériel militaire.

Le gouvernement prévoit notamment la création d’un atelier national de confection des uniformes militaires, première étape vers le développement d’une industrie locale de défense.

Discipline, cybersécurité et formation des troupes

Brigitte Onkanowa a rappelé que la discipline et le respect du secret défense demeurent des principes fondamentaux des forces armées. Elle a mis en garde les militaires contre la diffusion d’informations sensibles sur les réseaux sociaux, dénonçant certaines pratiques susceptibles de fragiliser les opérations de sécurité.

Le ministère affirme par ailleurs avoir engagé un vaste programme de montée en compétences. Plus de 10 000 militaires et agents de sécurité suivraient actuellement des formations spécialisées au Gabon et à l’étranger, notamment en France, aux États-Unis, en Chine, en Turquie et au Maroc.

Ces formations concernent particulièrement les domaines de la cybersécurité, du renseignement, du droit maritime et de la gestion des nouvelles menaces transfrontalières.

L’armée impliquée dans la production agricole

Dans le cadre des orientations économiques définies par les autorités de Transition, les forces de défense seront également associées à des projets agricoles destinés à renforcer l’autosuffisance alimentaire.

Une unité mixte agricole devrait être déployée dès le mois de juin. Chaque force armée sera chargée de développer des activités agricoles spécifiques, notamment autour de la culture du manioc et de la transformation de produits dérivés.

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Selon le ministère, cette stratégie vise d’abord à couvrir les besoins alimentaires des forces de défense avant d’envisager une extension de la production vers les marchés civils.

Avec l’adoption d’une loi de programmation militaire sur cinq ans, le gouvernement affirme désormais disposer d’une visibilité budgétaire destinée à accélérer la transformation et la modernisation des forces armées gabonaises, dans un contexte régional marqué par la montée des défis sécuritaires et des enjeux de souveraineté.

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