La tension monte à la filiale au sein de l’Agropag à Ndéndé, société publique chargée du développement agricole, de l’élevage et de la souveraineté alimentaire du pays. Réunis en assemblée générale extraordinaire vendredi dernier, les agents de cette structure ont fait entendre une voix unanime et déterminée pour dénoncer une situation qu’ils qualifient d’« intenable », plusieurs mois d’arriérés de salaires, des conditions de travail qui se détériorent et des dysfonctionnements administratifs persistants constituent le quotidien d’un personnel qui dit ne plus pouvoir attendre.
Face à l’enlisement de leurs revendications, les travailleurs ont franchi un cap. « Dans les prochains jours, une marche pacifique sera organisée, dans le strict respect des dispositions légales en vigueur ». Cette mobilisation, annoncée avec mesure mais avec fermeté, vise à interpeller directement les autorités compétentes sur la profondeur de la crise sociale que traverse le personnel d’Agropag à Ndendé, et à contraindre les décideurs à traiter leurs doléances avec l’urgence qu’elles méritent. 
Les agents tiennent à préciser qu’ils n’ont pas choisi d’emblée l’épreuve de force. Avant d’en arriver à cette extrémité, des démarches ont été entreprises auprès des autorités administratives et des instances habilitées, dans l’espoir d’un règlement concerté et apaisé du conflit. Ces tentatives de dialogue sont malheureusement restées sans écho. C’est cette absence de réponse concrète qui a conduit le collectif à se résoudre à une action publique.
Les revendications portées par le collectif sont claires et circonscrite, le règlement immédiat des salaires impayés constitue la priorité absolue, auquel s’ajoutent des exigences de refonte de la gouvernance interne et l’adoption de mesures correctives pour rétablir des conditions d’exercice dignes et décentes. Des attentes qui, pour des agents en charge d’une mission aussi stratégique que la sécurité alimentaire nationale, paraissent difficilement contestables dans leur légitimité.
À quelques jours de la marche annoncée, tous les regards se tournent désormais vers la direction d’Agropag et vers les pouvoirs publics. Dans le département de la Dola, où Agropag est l’un des employeurs structurants, l’enjeu dépasse le seul cadre social de l’entreprise. Si aucune réponse sérieuse n’est apportée dans les délais impartis, la mobilisation risque de prendre une ampleur que les responsables de la société, et les autorités de tutelle, auraient tout intérêt à prévenir.