« Agropag est en train de mourir » : Raymond Ndong Sima lance un avertissement

Plus qu’une simple démission, Raymond Ndong Sima adresse un signal d’alarme sur le fonctionnement de l’AGROPAG. L’ancien président du conseil d’administration dénonce une gouvernance qu’il juge défaillante et estime que les blocages internes menacent les ambitions de l’entreprise publique créée pour renforcer la souveraineté alimentaire du Gabon.

L’interview de Raymond Ndong Sima sur WN TV dépasse largement le cadre de son départ de l’AGROPAG. À travers ses déclarations, l’ancien Premier ministre dresse un constat préoccupant sur l’état de cette société publique créée en février dernier pour remplacer la SAEG et porter la stratégie nationale de développement agricole.

Le message est sans détour : selon lui, l’entreprise traverse une crise de gouvernance susceptible de compromettre sa mission. « Agropag est en train de mourir », affirme-t-il, pointant moins un manque de projets qu’un dysfonctionnement dans la prise de décision.

L’ancien président du conseil d’administration explique que plusieurs réunions ont été organisées en quelques mois afin de définir une feuille de route pour l’entreprise. Toutefois, il estime que les résolutions adoptées par le conseil n’ont pas été suivies d’effet, ce qui aurait progressivement vidé cette instance de son rôle.

À ses yeux, le problème dépasse les relations entre le conseil d’administration et la direction générale. Il traduit une difficulté plus profonde à faire fonctionner les mécanismes de gouvernance prévus par les textes, pourtant essentiels pour une entreprise publique appelée à gérer d’importants investissements.

Cette sortie intervient alors que l’AGROPAG fait déjà face à des interrogations sur sa situation financière, ses retards dans l’exécution de certains projets agricoles et les difficultés rencontrées dans la conduite de ses activités. Les propos de Raymond Ndong Sima viennent ainsi renforcer les inquiétudes exprimées ces derniers jours sur l’état réel de l’entreprise.

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Au-delà du cas de l’AGROPAG, l’ancien chef du gouvernement s’est également interrogé sur la place accordée à l’expérience dans la gestion publique. Il regrette que le débat national oppose systématiquement les générations au lieu de privilégier la compétence et la complémentarité des profils.

En comparant la gestion de l’État à une course de relais, il rappelle que la performance collective dépend de la contribution de chacun, indépendamment de son âge. Pour lui, marginaliser une partie des compétences constitue un risque pour l’efficacité de l’action publique.

Son intervention place désormais les autorités face à leurs responsabilités. Les explications attendues de la direction générale de l’AGROPAG seront scrutées avec attention, tant les interrogations sur la gouvernance de cette entreprise stratégique se multiplient.

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