Transports publics au Gabon : la CNT signe l’arrêt de mort de la gabegie grâce au « tout-numérique » et au social

C’est une véritable thérapie de choc que s’apprête à subir le secteur des transports publics gabonais. En actant la naissance de la Compagnie Nationale de Transport (CNT) née de la fusion-absorption de la SOGATRA et de Transurb, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, et son ministre d’État aux Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ne se contentent pas de remplacer de vieux logos. Ils imposent une révolution structurelle majeure articulée autour d’un pari audacieux celui d’éradiquer les détournements par la numérisation totale, tout en garantissant un service ultra-social et la préservation de tous les emplois.

Le « 100 % digital » : l’arme absolue contre la fuite des recettes

Le grand mal de la SOGATRA et de ses devancières a toujours été l’évaporation des recettes en espèces, victime d’une gestion opaque et de coulages financiers chroniques. Pour y remédier, le gouvernement fait un choix radical celui de la CNT bannit définitivement l’argent liquide de ses véhicules.

Désormais, l’accès aux bus se fera exclusivement via des titres de transport dématérialisés et commercialisés par voie électronique. Cette transition vers le paiement mobile et les cartes magnétiques vise à assurer une traçabilité totale de chaque centime perçu. Pour l’État, c’est la garantie que l’argent des usagers servira enfin à entretenir le parc et non à alimenter des circuits informels.

Une grille tarifaire ultra-sociale et des emplois préservés

La grande hantise des restructurations d’entreprises publiques est généralement le plan social. Sur ce point, la CNT prend le contre-pied des politiques d’austérité classiques, les 1 296 employés de SOGATRA et de Transurb sont intégralement intégrés dans la nouvelle structure.

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Pour accompagner les usagers dans un contexte économique difficile, la compagnie déploie une offre de prix particulièrement aggressive, avec des abonnements urbains illimités très avantageux et des liaisons interurbaines à prix cassés.

Les abonnements mensuels urbains ont été conçus pour répondre aux besoins de différentes catégories d’usagers tout en favorisant un accès abordable aux transports en commun. Le Pass Social GEF, destiné aux personnes économiquement vulnérables, est proposé à 3 000 FCFA par mois avec des trajets urbains illimités. Les élèves peuvent bénéficier d’un Pass Élève à 5 000 FCFA, tandis que le Pass Étudiant est fixé à 8 000 FCFA pour les universitaires. Pour l’ensemble des usagers, le Pass Urbain est commercialisé à 17 000 FCFA par mois. Une formule Pass Famille, couvrant deux bénéficiaires, est également disponible au tarif de 35 000 FCFA.

Concernant les liaisons interurbaines au départ de Libreville, les tarifs varient selon la destination. Un voyage vers Lambaréné est fixé à 5 000 FCFA, tandis que le trajet vers Mouila coûte 8 000 FCFA. Les passagers souhaitant se rendre à Lebamba devront s’acquitter de 10 000 FCFA. Les destinations d’Oyem, Makokou et Tchibanga sont proposées au tarif unique de 12 000 FCFA, alors que le trajet vers Bitam est fixé à 13 000 FCFA.

Un arsenal logistique lourd et une supervision digne des standards modernes

Pour soutenir cette ambition, l’État a doté la CNT d’un parc roulant flambant neuf de 125 véhicules de transport de voyageurs (100 bus de 66 places et 25 autocars de 28 places), appuyés par une flotte technique (camions-citernes, semi-remorques) et d’importants stocks de pièces détachées pour éviter le syndrome des « bus canibalisés » faute d’entretien.

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L’ancienne base réhabilitée de la SOGATRA abrite désormais une salle de gestion du trafic en temps réel. Ce centre névralgique permettra de géolocaliser les bus, d’optimiser les fréquences de passage et de gérer instantanément les pannes ou les retards.

Afin de garantir la sécurité sur les routes, plus de 250 chauffeurs ont d’ores et déjà bouclé une formation rigoureuse de mise à niveau, validée par un test de roulage grandeur nature de 200 kilomètres.

Le Gabon pose ici les bases d’un service public moderne. Le succès de la CNT ne dépendra plus de la disponibilité de sa flotte initiale, mais de sa rigueur à maintenir cette discipline technologique et financière sur le long terme.

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