À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, la réforme de l’enseignement au secondaire entre dans une toute nouvelle phase. L’introduction de l’Approche par compétences (APC) en classe de troisième et l’évolution envisagée du BEPC à partir de 2027 posent désormais une question centrale : le système éducatif est-il suffisamment préparé pour accompagner ces changements ?
Au ministère de l’Éducation nationale, les travaux préparatoires se poursuivent autour des nouveaux curricula et des modalités d’évaluation. L’une des principales évolutions envisagées concerne le BEPC, avec l’introduction du contrôle continu, qui pourrait représenter 40 % de l’évaluation, contre 60 % pour les épreuves finales. Une réforme encore en discussion, selon Joachim Ondjila, inspecteur général des services, qui estime que cette approche doit notamment permettre de mieux tenir compte des compétences acquises par les élèves durant l’année scolaire.
Mais derrière la réforme des programmes et de l’examen se trouve un enjeu plus immédiat celui de la capacité des enseignants à s’approprier les nouvelles méthodes. Le directeur général de l’Institut pédagogique national (IPN), Adrien Makaya, rapporte que les enseignants ont eux-mêmes identifié la formation et la disponibilité des manuels comme des conditions indispensables à la mise en œuvre de l’APC. « On ne peut pas faire de l’APC sans qu’il y ait formation », souligne-t-il, mettant en évidence l’écart qui peut exister entre l’adoption d’une réforme et sa mise en pratique dans les salles de classe.
Le ministère entend donc agir simultanément sur la formation et les outils pédagogiques. Les curricula sont annoncés comme disponibles, tandis que l’IPN prévoit de s’appuyer sur la collection Concorde pour organiser des formations à l’échelle nationale et favoriser l’appropriation des nouveaux contenus. L’arrivée de manuels scolaires présentés comme « made in Gabon » constitue également un élément de cette stratégie, avec l’objectif de fournir aux enseignants des supports cohérents avec les nouvelles orientations pédagogiques.
L’enjeu dépasse ainsi la seule modification du BEPC. Avec l’APC, c’est une autre manière d’enseigner et d’évaluer qui doit progressivement s’installer dans le secondaire. Or, une réforme pédagogique ne peut produire ses effets que si les enseignants disposent des compétences, des outils et du temps nécessaires pour la mettre en œuvre. La rentrée 2026-2027 sera donc un premier test grandeur nature de la capacité du système à accompagner cette transformation.
La session 2027 du BEPC permettra ensuite de mesurer plus concrètement les effets de ces orientations, si les modalités envisagées sont confirmées. D’ici là, le principal défi du ministère sera de transformer les curricula déjà élaborés en pratiques effectivement maîtrisées sur le terrain. Entre formation des enseignants, disponibilité des manuels et clarification des nouvelles règles d’évaluation, la réussite de la réforme se jouera moins dans les annonces que dans leur traduction quotidienne en classe.