Législatives 2025 : les délégués spéciaux sommés de choisir entre garder leurs fonctions ou démissionner pour participer à la course électorale

À moins de trois mois des élections couplées législatives et locales prévues les 27 septembre et 11 octobre prochains, le ministère de l’Intérieur durcit le ton. Dans une lettre circulaire rendue publique lundi, le ministre Hermann Immongault a rappelé avec fermeté que les délégués spéciaux à la tête des communes et départements doivent impérativement démissionner s’ils envisagent de se porter candidats à ces scrutins. Une exigence qui découle de l’article 87 de la loi organique n°001/2014 du 15 juin 2015 relative à la décentralisation, et qui entend garantir l’équité dans le processus électoral.

Ce rappel intervient dans un contexte de transition politique où la question de l’impartialité des futurs candidats investis de fonctions administratives sensibles suscite une vive attention. Pour le ministre, il est essentiel de dissiper tout doute sur un éventuel conflit d’intérêts, d’autant plus que les délégués spéciaux, nommés pour administrer temporairement les collectivités, bénéficient d’une visibilité et de moyens que ne possèdent pas les autres compétiteurs. « Le respect du jeu démocratique exige que personne ne parte avec un avantage indu », a-t-il laissé entendre.

La circulaire s’appuie également sur l’article 76 du code électoral promulgué le 19 janvier 2025, qui interdit à toute personne impliquée dans l’organisation des élections, y compris le ministre de l’Intérieur lui-même, de concourir à ces scrutins. De fait, tous les responsables relevant du ministère de l’Intérieur – y compris les préfets, les sous-préfets ou les agents électoraux locaux – sont également concernés par cette obligation de neutralité renforcée. Une mesure saluée par plusieurs observateurs politiques, qui y voient un gage de transparence.

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Depuis la réorganisation institutionnelle issue du Dialogue national d’avril 2024, la gestion des élections ne relève plus du Centre gabonais des élections (CGE), mais du ministère de l’Intérieur, désormais en première ligne pour garantir la sincérité du processus. Cette centralisation du pilotage électoral, bien que critiquée par certains partis d’opposition, s’accompagne de garanties législatives et réglementaires visant à éviter toute manipulation. La directive du ministre s’inscrit dans cet effort de moralisation de la vie publique.

Rappelons que le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, dans son discours d’investiture du 3 mai dernier, a annoncé un calendrier électoral ambitieux, incluant des élections sénatoriales les 8 et 29 novembre 2025. Selon ses mots, cette séquence démocratique vise à permettre au Gabon de « disposer d’un parlement pleinement légitime, reflétant les aspirations du peuple gabonais ». En imposant un devoir de retrait aux aspirants candidats encore en poste, le gouvernement veut donner toutes les chances à des élections libres, équitables et crédibles.

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