Le bras de fer judiciaire entre le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG) et les autorités judiciaires se poursuit. Dans une décision rendue par la Cour d’appel de Libreville, la justice a confirmé l’incompétence du tribunal de première instance dans une affaire opposant cette formation politique à la Haute Autorité de la Communication (HAC), concernant la suspension de certains réseaux sociaux.
Cette suspension, décidée à la mi-février 2026 par la HAC pour des raisons liées au maintien de l’ordre public, avait suscité de vives critiques dans la classe politique et au sein de la société civile. Estimant qu’il s’agissait d’une mesure portant atteinte aux libertés fondamentales, EPG avait engagé une procédure judiciaire afin d’obtenir son annulation, une première tentative déjà rejetée en mars dernier.
Une décision judiciaire qui fait débat
La confirmation de la décision en appel a été accueillie avec fermeté par le parti dirigé par l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Dans une déclaration rendue publique le 20 mai, EPG dit « prendre acte » du jugement, tout en exprimant une profonde désapprobation quant à ses implications institutionnelles.
Pour le parti, cette décision dépasse le simple cadre juridique et pose une question plus large sur l’équilibre des pouvoirs au sein de l’État gabonais. Selon ses responsables, le fait qu’une autorité administrative puisse restreindre l’accès à des espaces numériques sans contrôle effectif du juge judiciaire constitue un précédent préoccupant.
Un débat autour des libertés et de l’État de droit
Au-delà du contentieux spécifique, EPG estime que cette affaire révèle une évolution inquiétante du fonctionnement institutionnel. Le parti critique une justice qui, selon lui, tendrait à s’éloigner de son rôle de contre-pouvoir et à manquer d’indépendance face à l’exécutif.
Dans son communiqué, la formation politique insiste sur un principe qu’elle juge non négociable, la liberté d’expression ne peut être considérée comme une autorisation administrative, mais comme un droit fondamental garanti par la Constitution et les engagements internationaux du pays.
Une bataille appelée à se poursuivre
Face à cette décision, Ensemble Pour le Gabon a annoncé son intention de se pourvoir en cassation afin de poursuivre la procédure devant les juridictions compétentes. Le parti affirme vouloir continuer à défendre ce qu’il considère comme les fondements de l’État de droit, notamment la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice.
Dans un ton particulièrement critique, EPG met en garde contre toute dérive institutionnelle susceptible, selon lui, de fragiliser les acquis démocratiques. La formation politique assure qu’elle ne renoncera pas à son combat, qu’elle présente comme une défense des libertés publiques et des droits des citoyens.