C’est un coup de filet majeur que vient de réaliser la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS). Deux individus, qui se faisaient passer pour des membres des forces de défense et de sécurité depuis plusieurs années, ont été appréhendés. Retour sur le parcours de ces deux usurpateurs de titres dont la supercherie a finalement pris fin.
Le faux capitaine de la DGSS et le business de la « protection »
Le premier suspect avait choisi de frapper haut, il se présentait tout simplement comme un capitaine de la DGSS. Pour parfaire son personnage et tromper son monde, l’homme ne reculait devant aucun détail. Il arborait un gilet tactique, une plaque officielle des forces de sécurité et disposait d’une arme à feu. Évoluant comme un poisson dans l’eau grâce à son passé d’informateur, il maîtrisait sur le bout des doigts le jargon et les codes du milieu judiciaire.
Selon les premiers éléments de l’enquête, ce « capitaine » de pacotille monnayait une prétendue protection auprès de délinquants, leur promettant l’immunité face aux poursuites judiciaires en échange de fortes sommes d’argent.
« Je voulais faire partie de la boîte, j’ai tenté ma chance mais je n’ai pas réussi. En tant qu’informateur, ça m’a donné des idées en côtoyant les services judiciaires, c’est ça qui m’a motivé », a-t-il confessé lors de son audition.
Un faux agent de la sécurité pénitentiaire confondu par des stupéfiants
Le second imposteur a quant à lui bâti sa double vie sur un échec. Après avoir échoué au concours de la sécurité pénitentiaire, il a continué à hanter les couloirs du tribunal. Profitant d’un moment d’inattention dans les vestiaires, il y a dérobé l’uniforme d’un adjudant.
Pendant près de quatre ans, il a ainsi incarné un agent de la sécurité pénitentiaire au vu et au su de tous, sans jamais éveiller les soupçons. L’homme a poussé le vice jusqu’à subtiliser trois armes à feu directement dans les scellés du tribunal.
Mais sa chute est venue d’une affaire de stupéfiants. Lors d’une opération d’incinération de drogues saisies, le faux agent a tenté de dissimuler une partie de la marchandise dans un carton. Pris sur le fait alors qu’il tentait de récupérer son butin, il a été dénoncé à la hiérarchie judiciaire, révélant ainsi au grand jour qu’il n’avait en réalité aucun matricule au sein de l’institution.
Un même modus operandi, une même destination : la justice
Bien que leurs parcours soient différents, les deux complices partageaient le même mode opératoire : usurper une fonction régalienne de l’État pour commettre des infractions en toute impunité.
La supercherie aura duré des années, mais le rideau est désormais tombé. Les deux faux agents ont été mis à la disposition de la justice et devront répondre des nombreux chefs d’accusation qui pèsent contre eux, notamment pour usurpation de titres, vols d’armes et extorsion.