Le dialogue intitulé « De la transition à la consolidation de la gouvernance démocratique » a marqué, à Libreville, la clôture du projet DEMGAB, mis en œuvre par l’Union européenne en partenariat avec International IDEA. Cette rencontre a réuni les principaux acteurs institutionnels, diplomatiques et de la société civile afin de dresser le bilan des réformes engagées depuis la transition politique et d’identifier les défis à relever pour consolider l’État de droit au Gabon.
Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon a souligné que la consolidation de la démocratie est un processus de long terme reposant sur le dialogue, le renforcement des institutions, la participation citoyenne et le respect de l’État de droit. Elle a rappelé que, dès les événements du 30 août 2023, l’Union européenne avait fait le choix d’accompagner le processus de transition engagé par les autorités gabonaises, sans « condescendance ni complaisance », tout en respectant le caractère souverain et endogène des réformes.
Pour soutenir cette transition, l’Union européenne a mobilisé plusieurs instruments complémentaires. Des expertises techniques ont été déployées pour accompagner des réformes majeures, notamment celles de la Constitution et du Code électoral. Une mission d’expertise électorale a également été conduite lors du référendum constitutionnel de novembre 2024, formulant des recommandations ayant alimenté la réflexion sur le nouveau cadre électoral. Par ailleurs, l’Union européenne s’était déclarée prête à déployer une mission d’observation électorale pour les scrutins présidentiel et législatif de 2025, si les autorités gabonaises en faisaient la demande.
Au cœur de cet accompagnement figure le projet DEMGAB, doté d’un financement de 2,5 millions d’euros, destiné à renforcer les capacités des institutions, des médias et des organisations de la société civile, notamment dans le domaine de l’observation citoyenne. Des contributions complémentaires de la France et des Pays-Bas ont permis d’élargir la portée de cette initiative.
L’ambassadrice a également rendu hommage au travail d’International IDEA, saluant un partenaire « agile, professionnel et à l’écoute », qui a contribué à la mise en œuvre des différentes activités du projet.
Au-delà du bilan, la rencontre s’est voulue un espace de réflexion sur les perspectives de la gouvernance démocratique au Gabon. Les échanges ont porté sur plusieurs enjeux majeurs, parmi lesquels l’appropriation du nouveau cadre constitutionnel par les acteurs politiques, l’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le pluralisme politique, le renforcement de l’espace civique, la participation citoyenne, ainsi que la protection des droits humains dans un contexte marqué par d’importants défis économiques.
Évoquant notamment les interrogations suscitées par certaines décisions, comme la suspension temporaire des réseaux sociaux, l’ambassadrice a insisté sur la nécessité de renforcer la confiance entre les institutions et les citoyens, tout en favorisant un débat démocratique ouvert et constructif.
La cérémonie a réuni le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, les ambassadeurs des États membres de l’Union européenne, la Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies, le vice-président du CESEC, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, ainsi que des représentants des institutions de la République, de la société civile, des médias et des partenaires techniques.
En clôturant cette initiative, l’Union européenne a réaffirmé sa volonté de poursuivre son partenariat avec le Gabon afin d’accompagner les réformes institutionnelles et de contribuer à l’ancrage d’une gouvernance démocratique durable. Pour la diplomate européenne, l’espoir suscité par la transition doit désormais se traduire par un engagement constant de l’ensemble des acteurs en faveur d’institutions solides, du pluralisme, de la participation citoyenne et du respect des libertés fondamentales.