Burkina Faso : la dissolution de 118 ONG relance les inquiétudes sur l’espace civique

Le gouvernement burkinabè a annoncé, le 15 avril, la dissolution de 118 associations et organisations non gouvernementales actives sur le territoire national, selon un communiqué du ministère de l’Administration territoriale. Une décision qui suscite de vives interrogations au sein de la société civile et parmi les observateurs internationaux.

D’après les autorités, cette mesure s’inscrit dans un processus de « mise en conformité administrative » des structures opérant dans le pays. Les organisations concernées intervenaient principalement dans les domaines de la santé publique, de l’action sociale, de l’éducation et de la défense des droits humains.

Parmi les entités dissoutes figurent notamment l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina, l’Initiative citoyenne pour la démocratie et le développement (ICDD), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), l’Association burkinabè pour le bien-être de la jeunesse et la lutte contre le VIH/sida, le Réseau burkinabè de défense des droits syndicaux, ainsi que l’Association de soutien aux personnes âgées (ASPA).

Cette annonce intervient dans un contexte politique déjà marqué par de profondes transformations institutionnelles et une recomposition de l’espace public depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022. Plusieurs observateurs notent une réduction progressive de la marge de manœuvre des organisations civiles, bien que les autorités défendent régulièrement leurs actions au nom de la souveraineté nationale et de la stabilité sécuritaire.

Des voix critiques estiment toutefois que cette nouvelle vague de dissolutions pourrait affaiblir davantage les mécanismes de soutien social dans un pays confronté à une grave crise humanitaire et sécuritaire, liée aux violences armées dans plusieurs régions.

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Pour l’heure, le gouvernement n’a pas détaillé les critères précis ayant conduit à la dissolution de ces organisations, ni les éventuelles voies de recours ouvertes aux structures concernées.

La situation continue de susciter des réactions prudentes, tandis que les acteurs de la société civile appellent à davantage de transparence et au respect du rôle des organisations non gouvernementales dans le développement social du Burkina Faso.

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