Enseignement supérieur : un audit des vacations révèle un écart d’un milliard de FCFA, la Justice saisie

Face à la presse ce matin, le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du Gouvernement le Pr Charles Edgar MOMBO et a dressé le bilan d’un vaste audit financier portant sur les heures de vacation au sein des universités et grandes écoles publiques du pays. Réalisé par le ministère de l’Économie et des Finances, ce contrôle révèle des écarts budgétaires vertigineux et annonce un tournant décisif dans la gestion des deniers publics au sein du secteur universitaire.

Un gouffre financier d’un milliard de FCFA évité

Lancé sous les très hautes instructions du Président de république Brice Clotaire Oligui Nguema qui avait martelé le 23 janvier puis le 15 juin derniers qu’« aucune vacation ne sera payée sans être auditée », cet examen minutieux a porté sur 12 établissements d’enseignement supérieur et près de 5 700 bénéficiaires.

Les chiffres présentés par le ministère parlent d’eux-mêmes :

  • Dette initialement déclarée par les établissements : 3 488 406 925 FCFA
  • Montant réel validé après audit : 2 428 213 906 FCFA
  • Écart constaté (Gap) : 1 060 193 019 FCFA

Ce gap d’un peu plus d’un milliard de FCFA met en lumière de graves irrégularités dans la conformité des taux appliqués et le recensement des réels bénéficiaires. Devant la gravité des faits, le gouvernement a annoncé que le rapport définitif serait transmis au ministère de la Justice. « Ceux qui ont joué avec les heures de vacation répondront devant qui de droit », a averti le ministre, rappelant que cette opération d’assainissement fait suite à celle, tout aussi rigoureuse, menée récemment au sein de l’Éducation nationale.

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La grève à l’USTM « surprend » le gouvernement, 700 millions décaissés

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte social particulièrement tendu, marqué par l’entrée en grève surprise, vendredi dernier, des enseignants-chercheurs de l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) à Franceville. Une paralysie que le gouvernement regrette, d’autant plus que le dialogue permanent était maintenu et que le processus de paiement était déjà enclenché.

Pour désamorcer la crise à l’USTM, dont la dette totale s’élève à 1 206 290 775 FCFA, une enveloppe de 700 millions de FCFA a d’ores et déjà été mise à disposition par le Trésor public sur le compte de l’établissement. Les bénéficiaires devraient rentrer en possession de leur dû au plus tard cette semaine. Le gouvernement appelle donc les grévistes à la sérénité et à la reprise immédiate des cours. Tout en disant comprendre les revendications, le ministère a rappelé que le pays traverse actuellement une « zone de turbulence financière », exigeant de chacun un sens aigu des responsabilités.

Vers une refonte des textes : la fin de la « géométrie variable »

Au-delà des sanctions judiciaires, le gouvernement entend attaquer le mal à la racine. Le fameux décret 011 du 7 mars 2023, qui fixait jusqu’alors les obligations de service et les volumes horaires, est pointé du doigt comme le principal responsable de cette dérive financière.

En instaurant des taux horaires variables (allant d’un plancher de 10 000 FCFA à un plafond de 30 000 FCFA), ce texte permettait à chaque établissement une application à « géométrie variable », créant des disparités majeures entre les enseignants.

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Pour y remédier, un nouveau décret entièrement réécrit est actuellement sur la table du Secrétariat Général du Gouvernement. Son objectif est d’harmoniser les taux horaires pour garantir l’équité et stopper définitivement les abus.

Un appel au « changement de mentalité »

En conclusion, les autorités rappellent par le biais du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du Gouvernement le Pr Charles Edgar MOMBO  que l’ambition reste de redonner à l’enseignement supérieur gabonais ses lettres de noblesse et son rayonnement international d’antan. Mais ce sursaut qualitatif ne pourra se faire sans une profonde introspection du corps enseignant : « L’enseignant-chercheur doit être le modèle de la société », a insisté le ministre, appelant à un véritable changement de mentalité pour mettre, selon le vœu du chef de l’État, le « Gabon d’abord ».

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