Congrès du Parti Souverainistes-Écologistes : entre critique de la transition et projet d’alternative pour le Gabon

Le Parti Souverainistes-Écologistes (PSE), qui revendique son ancrage dans l’opposition gabonaise, entend désormais incarner une véritable alternative politique. Réuni en congrès à Libreville le 13 juin dernier sous le thème « Le Peuple, la Terre, l’Avenir », le parti a profité de l’occasion pour dresser un bilan critique de la situation nationale et présenter les grands axes de son projet de société, selon les informations rapportées par la presse gabonaise.

Issu d’un courant de l’Union nationale (UN) et fondé par d’anciens compagnons d’André Mba Obame, le PSE revendique un héritage forgé dans les luttes démocratiques des dernières années, rappelant notamment son engagement aux côtés de Jean Ping lors de l’élection présidentielle de 2016, dont il continue de juger la victoire confisquée. Le parti reconnaît que les événements du 30 août 2023 ont mis un terme à un régime contesté, mais estime que les attentes suscitées par ce changement de pouvoir restent largement insatisfaites. Son président, Francis Hubert Aubame, a salué la rupture survenue avec la chute d’un régime qu’il qualifie de quatorze années d’imposture.

Pour autant, le dirigeant du PSE conteste que le seul mérite de cette rupture revienne aux militaires, rappelant que c’est selon lui le travail de longue date de l’opposition qui en a préparé les conditions. Près de trois ans après le début de la transition, il estime que celle-ci ne correspond pas aux attentes des Gabonais et dénonce la persistance, sous des formes nouvelles, des pratiques de l’ancien système. Il a notamment pointé la suspension des réseaux sociaux, la réforme du Code de la nationalité et l’incarcération de plusieurs figures de l’opposition, dénonçant une justice qu’il juge instrumentalisée par le pouvoir politique.

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Face à ce constat critique, le PSE a présenté un projet d’alternative structuré autour de cinq axes. Le premier porte sur la refondation de l’État de droit, avec une justice indépendante, une séparation effective des pouvoirs, un statut protecteur de l’opposition et une décentralisation progressive, le parti rappelant que la légitimité du pouvoir ne peut procéder que du peuple. Le deuxième axe érige l’écologie en moteur du développement national, à travers la protection des forêts, de la biodiversité et des ressources marines, le PSE plaidant pour que la rente écologique profite directement aux Gabonais.

Les trois derniers axes du projet portent respectivement sur une économie souveraine et productive fondée sur l’autosuffisance alimentaire et la transformation locale des ressources, sur l’investissement dans l’éducation, la santé et l’inclusion sociale, et enfin sur le développement des infrastructures, de l’énergie et du numérique, avec une attention particulière accordée à une souveraineté numérique respectueuse des libertés. À travers ce triptyque « Le Peuple, la Terre, l’Avenir », le PSE affirme vouloir dépasser la seule posture critique pour s’imposer comme une force de proposition en vue des prochaines échéances nationales.

Le congrès a également été l’occasion pour le parti de dénoncer l’incarcération de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze et du militant Bob Mengome, dont Francis Hubert Aubame a réclamé la libération. Pour le PSE, ces détentions relèveraient davantage d’une logique politique que strictement judiciaire, une situation qui, selon le parti, soulève de sérieuses interrogations sur l’indépendance de la justice et le respect des libertés publiques dans le Gabon de l’après-transition.

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