Seulement 8 % des financements disponibles ont été sollicités à la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG)

Devant les députés et sénateurs, Brice Clotaire Oligui Nguema a révélé que sur les 20 milliards de francs CFA mis à la disposition des jeunes entrepreneurs à travers différents mécanismes de financement, notamment la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG), seulement 8 % des fonds disponibles ont effectivement été sollicités

C’est le paradoxe économique majeur soulevé par le Chef de l’État lors de son grand oral devant les parlementaires. Alors que le chômage des jeunes demeure une priorité nationale et que des ressources financières considérables ont été sanctuarisées, les résultats sur le terrain s’avèrent insatisfaisants. Sur les 20 milliards de francs CFA mobilisés par l’État via des canaux dédiés, notamment la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG), à peine 8 % de l’enveloppe globale a été effectivement sollicitée par les porteurs de projets.

« Je constate un désintéressement de la part des jeunes pour l’entrepreneuriat », a déploré Brice Clotaire Oligui Nguema, pointant du doigt un déficit de culture entrepreneuriale mais aussi de graves dérives de gouvernance personnelle.

Des dérives qui fragilisent les dispositifs publics, le chef de l’État a également attiré l’attention sur certaines pratiques qui compromettent l’efficacité des mécanismes de financement mis à la disposition de la jeunesse. Pour les autorités, ce type de comportement met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, de suivi et d’évaluation des projets financés par l’État.

Pour illustrer son propos, le Chef de l’État a cité l’exemple édifiant d’un jeune compatriote ayant bénéficié d’un crédit agricole d’un montant de 60 millions de francs CFA et qui a choisi d’utiliser ces fonds pour s’acheter un véhicule de prestige plutôt que d’investir dans son exploitation. Ce constat appelle une refonte urgente des mécanismes d’accompagnement, d’incitation et de contrôle des projets jeunes.

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C’est l’un des constats les plus préoccupants dressés par le président de la République lors de son adresse au Parlement réuni en Congrès. Alors que le chômage des jeunes demeure l’un des principaux défis socio-économiques du pays et que d’importantes ressources financières ont été mobilisées pour soutenir l’initiative privée, les dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat peinent encore à susciter l’engouement attendu.

Au-delà du financement, un défi de culture entrepreneuriale

Pour les autorités, le faible taux de sollicitation des crédits disponibles révèle un déficit de culture entrepreneuriale, mais également des insuffisances en matière d’accompagnement, de formation et de structuration des projets.

De nombreux porteurs d’initiatives rencontrent encore des difficultés dans la conception de leurs plans d’affaires, la maîtrise des mécanismes de gestion ou la préparation des dossiers exigés par les institutions financières. À cela s’ajoute parfois une méconnaissance des opportunités offertes par les différents programmes d’appui à l’entrepreneuriat.

L’exécutif estime ainsi que l’accès aux financements doit désormais s’accompagner d’un encadrement plus rigoureux afin d’améliorer les chances de réussite des projets soutenus.

Construire un véritable écosystème entrepreneurial

Au-delà du constat, le gouvernement entend poursuivre ses efforts pour faire de l’entrepreneuriat un levier majeur de création d’emplois et de diversification économique. L’ambition affichée est de bâtir un environnement favorable à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de transformer les opportunités économiques en activités créatrices de richesse.

Cette stratégie passe par un meilleur accompagnement des jeunes, un renforcement des programmes de formation, une simplification des procédures administratives et une responsabilisation accrue des bénéficiaires des financements publics.

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Pour l’exécutif, la lutte contre le chômage ne pourra être gagnée sans l’émergence d’un tissu entrepreneurial solide, innovant et durable. Si les financements existent, le défi consiste désormais à créer les conditions permettant aux jeunes Gabonais de s’en saisir pleinement et de transformer leurs ambitions en projets viables.

Le message du chef de l’État est le suivant : les ressources sont disponibles, mais leur efficacité dépendra désormais de la capacité des bénéficiaires à faire preuve de rigueur, de vision et d’esprit d’entreprise.

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