Fonction publique : Laurence Ndong dresse un bilan de 100 jours marqué par des réformes structurelles et une tension budgétaire

Lors de l’émission spéciale « La Grande Nuit des 100 jours », diffusée en direct le 31 mai 2026, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, a présenté un bilan d’étape détaillé couvrant la période du 5 février au 15 mai 2026. L’intervention a mis en lumière une série de réformes ambitieuses, entre modernisation de l’administration, régularisation massive des carrières et arbitrages budgétaires contraints.

Une régularisation massive de la situation des agents publics

Au cœur du bilan figure la gestion des carrières administratives. Selon les données présentées, 31 499 agents publics ont vu leur situation administrative régularisée grâce à la mise en place de trois guichets uniques opérationnels depuis le 1er avril 2026. En incluant le traitement ordinaire des dossiers, ce chiffre atteint près de 37 000 agents concernés sur la période.

Le ministère affirme avoir priorisé les situations les plus critiques, notamment les agents dont les carrières étaient bloquées depuis des décennies. Certaines vagues de matricules allant des séries 113 à 187 ont été traitées, débloquant des dossiers en attente depuis 20 à 25 ans. Dans ce cadre, 282 agents proches de la retraite ont notamment été reclassés afin de permettre une liquidation correcte de leurs droits à pension.

Une contrainte budgétaire forte qui limite les recrutements

La ministre a toutefois insisté sur la tension structurelle qui pèse sur les finances publiques. Les besoins exprimés par les administrations font état de 14 459 agents en attente de recrutement, alors que le cadrage budgétaire 2026 n’autorise que 1 200 nouveaux recrutements.

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Cette contrainte est liée à un niveau de masse salariale jugé critique, proche des 1 000 milliards de FCFA, et encadré par les critères de convergence de la CEMAC. Face à cet écart, la ministre appelle à une rationalisation stricte des effectifs et à la fin des pratiques de recrutement non planifiées.

Vers la fin du recrutement “sur titre” et le retour aux concours

Parmi les réformes structurantes annoncées figure la suppression progressive du recrutement direct dit « sur titre ». Désormais, l’accès à la Fonction publique devrait se faire exclusivement par concours.

Cette réforme vise à corriger, selon la ministre, une désorganisation des effectifs ayant conduit à une surreprésentation des fonctions administratives au détriment des métiers techniques. Sont notamment cités les manques dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et du contrôle du travail.

Les ministères sectoriels devront désormais exprimer leurs besoins en amont afin de permettre l’organisation de concours calibrés et ciblés.

L’objectif “Rappel Zéro” pour assainir les finances publiques

Autre mesure phare c’est l’instauration de l’objectif dit de « Rappel Zéro », destiné à mettre fin aux dettes de rappels de salaire accumulées par l’État.

La ministre a dénoncé les pratiques antérieures consistant à faire travailler des agents sur la base de simples attestations de prise de service, sans poste budgétaire validé. Désormais, aucun agent ne commencera à travailler sans attestation de recrutement définitive, garantissant un salaire dès le premier mois d’activité.

Modernisation de l’administration, cap sur le numérique

La transformation numérique constitue un autre pilier du bilan. Le gouvernement a finalisé le cahier des charges du futur Système intégré de gestion des ressources humaines de l’État (SIGRH), inscrit dans le programme Gabon Digital.

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À terme, un portail baptisé « i-Fonction publique » permettra à chaque agent de consulter l’ensemble de sa carrière via son matricule et son Numéro d’identification personnel (NIP).

En parallèle, des travaux d’infrastructure ont été engagés, notamment le raccordement du ministère au Réseau de l’administration gabonaise (RAG), ainsi qu’un projet de centre sécurisé d’archivage physique et numérique.

Réforme du système de retraite

La réforme du traitement des départs à la retraite concerne environ 1 100 agents en 2026. Le gouvernement entend simplifier les procédures en confiant aux Directeurs centraux des ressources humaines la transmission directe des dossiers à la Caisse des pensions et des prestations familiales.

L’objectif affiché est clair, permettre le versement de la première pension dès le mois suivant la cessation d’activité, afin de réduire les délais et les difficultés administratives.

Dialogue social et dossiers sensibles

Plusieurs dossiers sectoriels ont également été évoqués.

Concernant les enseignants du confessionnel, la ministre a expliqué que les retards provenaient de décalages techniques dans la transmission des postes budgétaires. Les dossiers ont été réinjectés en urgence au Budget suite à des instructions gouvernementales récentes.

Par ailleurs, le projet de statut particulier des fonctionnaires de la communication, initié par Laurence Ndong lorsqu’elle occupait le ministère de la Communication, a été validé lors du premier Comité consultatif de la Fonction publique de la Ve République et transmis au Secrétariat général du gouvernement.

Vers une fonction publique au mérite

Enfin, la ministre a réaffirmé la volonté de réformer en profondeur la culture administrative en évoluant progressivement vers un système d’avancement au mérite, basé sur l’évaluation des performances individuelles, en remplacement de l’avancement automatique fondé uniquement sur l’ancienneté.

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Ce bilan des 100 jours met en évidence une administration en pleine transformation, entre volonté de modernisation, gestion de l’urgence sociale et contraintes budgétaires sévères. Si les chiffres avancés témoignent d’une dynamique de régularisation sans précédent, les défis liés à la soutenabilité financière et à la réforme des pratiques administratives restent majeurs pour la suite de la mandature.

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