Le Maroc dépasse l’Afrique du Sud et s’impose comme leader industriel africain

Selon un rapport récent de la Banque africaine de développement (BAD), le Maroc dépasse l’Afrique du Sud pour devenir, en 2025, la première économie industrielle du continent. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où l’Afrique du Sud connaît un ralentissement de son appareil productif, tandis que le royaume chérifien poursuit une stratégie d’industrialisation engagée depuis près de deux décennies.

Cette transformation repose largement sur une politique d’investissement soutenue dans les infrastructures et l’attractivité économique. Le développement de grandes zones industrielles, l’amélioration des réseaux logistiques et la modernisation des ports ont joué un rôle central. Le complexe portuaire de Tanger Med est souvent cité comme un symbole de cette montée en puissance, il est désormais considéré comme l’un des principaux hubs maritimes du continent africain.

Au fil des années, l’économie industrielle marocaine s’est diversifiée. Elle ne dépend plus uniquement des phosphates ou du secteur automobile, mais s’étend désormais à des domaines à plus forte valeur ajoutée comme l’aéronautique. Selon certains analystes, cette orientation stratégique, impulsée sous l’impulsion du roi Mohammed VI, a permis d’intégrer le pays dans des chaînes de production mondiales, où des composants fabriqués au Maroc se retrouvent dans des industries internationales, notamment aéronautiques.

Cette dynamique est soutenue par l’arrivée d’investissements étrangers, attirés par des infrastructures jugées compétitives, mais aussi par la montée en puissance d’acteurs industriels locaux. L’économiste Abdelmalek Alaoui souligne que la combinaison entre politiques publiques, connectivité logistique et climat d’investissement a permis au pays de franchir un nouveau palier industriel.

Cependant, cette réussite reste inégalement répartie sur le territoire. Une partie du pays, fortement connectée aux grands pôles économiques et aux zones portuaires, bénéficie directement de cette croissance, tandis que d’autres régions demeurent en retrait. Cette fracture territoriale s’accompagne également de disparités sociales importantes.

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La Banque africaine de développement met par ailleurs en avant un autre défi structurel : malgré le nombre élevé d’entreprises, la capacité du pays à générer suffisamment d’emplois pour absorber sa population active reste limitée, ce qui interroge la durabilité sociale de ce modèle de croissance.

Enfin, le succès industriel du Maroc est également mis en lumière par plusieurs médias internationaux, dont RFI, qui soulignent à la fois les avancées économiques du pays et les défis persistants en matière d’inclusion et d’équilibre territorial.

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