Une perquisition au sein du palais de l’Élysée Palace a été menée jeudi dernier par les enquêteurs du Parquet national financier (Parquet national financier), un événement rare sous la Ve République. Cette opération intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de favoritisme et de corruption liés à l’attribution des contrats des cérémonies d’hommage au Panthéon de Paris.
Selon les éléments communiqués par le parquet, les investigations visent les conditions d’attribution de marchés publics relatifs aux « panthéonisations », ces cérémonies officielles par lesquelles la France honore certaines figures historiques.
Pourquoi ? La justice soupçonne des tricheries et du favoritisme dans l’organisation des grandes cérémonies au Panthéon (les hommages de la Nation aux grandes figures de l’histoire, comme Simone Veil ou Missak Manouchian).
Une entreprise privée (nommée Shortcut Events) a décroché le monopole de toutes ces cérémonies pendant près de 20 ans. Chaque événement coûtait environ 2 millions d’euros à l’État. Les juges veulent savoir si cette entreprise a bénéficié de complicités ou de passe-droits au plus haut sommet de l’État pour obtenir ces contrats très lucratifs.
Une première tentative de perquisition, survenue le 14 avril, avait échoué après le refus initial de l’Élysée, invoquant le principe d’inviolabilité du palais présidentiel. Après des échanges juridiques entre la présidence et le parquet, un accord a finalement permis aux enquêteurs d’accéder aux bureaux et aux supports informatiques de plusieurs conseillers.
Cette intervention marque un épisode exceptionnel, les opérations policières au sein de l’Élysée restent extrêmement rares. La dernière remonte à 2018, dans le cadre de l’affaire dite Affaire Benalla, sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Si l’affaire actuelle ne concerne pas la sécurité mais la gestion de marchés publics liés à des cérémonies d’État, elle touche néanmoins un symbole central du pouvoir exécutif français. L’Élysée n’a, pour l’heure, fait aucun commentaire.