Spatial gabonais : des métiers d’avenir que la jeunesse ignore encore

Bac scientifique, formation à l’étranger, emploi garanti à l’international : le parcours du Directeur général de l’AGEOS, Aboubakar Mambimba Ndjoungui, ressemble à une promesse que peu de jeunes Gabonais savent saisir. Et pour cause, l’agence spatiale nationale, créée il y a 16 ans, reste largement méconnue du grand public et quasi absente des orientations scolaires. Un déficit de visibilité que son directeur général reconnaît ouvertement : « Nous ne sommes peut-être pas forts en communication, c’est vrai. »

L’AGEOS emploie aujourd’hui des profils variés, loin du cliché de l’ingénieur pur et dur. Des titulaires d’un baccalauréat en géographie y exercent des fonctions techniques pointues, après avoir été formés en interne, notamment sur le suivi des forêts et l’analyse environnementale par imagerie satellitaire. La collaboration avec des partenaires comme la NASA ou l’Agence spatiale européenne permet à ces agents de monter en compétence dans un secteur en évolution permanente, porté aujourd’hui par l’intelligence artificielle.

Ce qui rend ces métiers particulièrement attractifs, c’est leur dimension internationale. « On passe une semaine au Gabon, le reste du temps on est à l’extérieur », témoigne le Directeur général, qui dit lui-même avoir trouvé du travail immédiatement après sa formation à l’étranger. La raison est simple : « Ce sont des domaines qui sont demandés, qui sont rares. » Une réalité que résume une formule directe : « On ne chôme pas. »

Car c’est là que le bât blesse. L’AGEOS a amorcé une tournée dans les établissements scolaires pour présenter ses activités et ses cursus, mais l’effort reste insuffisant face à l’ampleur du défi. Aboubakar Mambimba appelle explicitement les médias gabonais à devenir des relais de cette sensibilisation : « Avec vous, on pourra travailler sur le plan des communications et comment aller attaquer les écoles pour mettre ça en avant. » Former davantage de jeunes aux sciences, c’est non seulement alimenter l’agence en talents locaux, c’est aussi leur ouvrir des portes partout dans le monde, à une époque où la souveraineté spatiale du Gabon dépendra, in fine, du capital humain qu’il aura su construire.

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