Présidentielle 2025 : le plan d’urgence d’Alain-Claude Bilie-By-Nze pour redresser le Gabon

À moins de deux semaines du scrutin présidentiel prévu le 12 avril 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze a présenté un programme ambitieux axé sur ses 100 premiers jours au pouvoir. Structuré autour de 12 mesures phares, ce plan vise une transformation rapide du Gabon, avec un accent particulier sur l’économie, les institutions et le social.

Sur le plan économique, le candidat propose une réforme budgétaire associée à une restructuration de la dette, afin d’assainir les finances publiques et restaurer la confiance des investisseurs. Un programme de relocalisation industrielle et une ordonnance baptisée Virage libéral doivent favoriser l’investissement et l’emploi.

Concernant les institutions, il prône un retour à un régime semi-présidentiel avec un Premier ministre, une réduction du mandat présidentiel à cinq ans, et la suppression du Sénat ainsi que du Conseil économique, social et environnemental. Le Parlement compterait désormais 150 députés, dont 7 issus de la diaspora.

Sur le plan sécuritaire, Bilie-By-Nze prévoit la création d’un office interministériel antistupéfiants et d’un parquet spécialisé contre la criminalité, ainsi qu’un durcissement des politiques migratoires.

Le social occupe également une place centrale. Il propose un minimum jeunesse, un soutien financier aux jeunes diplômés en quête d’emploi, ainsi que des mesures pour l’autonomisation des femmes, notamment des filles-mères. Face aux pénuries d’eau et aux coupures d’électricité, une réforme de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et une mission spéciale dédiée à la production et à la distribution d’énergie sont annoncées.

À propos de la bonne gouvernance, Bilie-By-Nze entend lutter contre la corruption en annulant tous les marchés publics attribués sans appel d’offres. Il prévoit également de suspendre et d’auditer des projets controversés comme Libreville 2 et la Cité de la Démocratie pour réorienter ces fonds vers l’entretien des infrastructures routières.

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Enfin, sur l’éducation, il souhaite un audit international du système éducatif, supervisé par un collège citoyen composé de 150 membres tirés au sort.

Une ambition réalisable ?

Si ce plan affiche une volonté de rupture et d’action rapide avec le système qu’il a lui-même conforté en tant que ministre puis Premier ministre, des interrogations subsistent quant à sa faisabilité dans un délai aussi court alors qu’un mandat présidentiel dure sept ans.

L’ampleur des réformes annoncées, notamment la restructuration de la dette, la refonte institutionnelle et la relance économique, implique des négociations complexes avec de multiples acteurs nationaux et internationaux. Modifier la structure du gouvernement, supprimer des institutions et redéfinir le rôle du Parlement ne se décrète pas du jour au lendemain. Ces changements nécessitent un consensus politique, une stabilité institutionnelle et un cadre juridique solide, ce qui pourrait ralentir leur mise en œuvre.

Par ailleurs, les mesures sociales, bien que séduisantes sur le papier, posent la question du financement. La mise en place du minimum jeunesse, la réforme de la SEEG ou encore l’audit du système éducatif exigent des ressources budgétaires considérables. Or, la situation financière du Gabon demeure fragile, et toute réforme précipitée sans assise économique pourrait s’avérer inefficace ou difficilement soutenable sur le long terme.

Enfin, se pose la question de la cohérence à long terme. Gouverner un pays ne se limite pas à des décisions spectaculaires prises dans l’urgence. Un véritable redressement nécessite une vision globale et progressive, au-delà des 100 jours annoncés. Le candidat devra convaincre que son programme ne repose pas uniquement sur un effet d’annonce, mais qu’il s’inscrit dans une dynamique durable, apte à répondre aux attentes profondes des Gabonais bien après cette période initiale.

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