Dans un secteur où la vigilance environnementale est devenue un enjeu national, une fuite de pétrole survenue dans la nuit du 5 au 6 avril sur le pipeline Coucal-Rabi, à proximité de la station Coucal, remet en lumière la vulnérabilité des infrastructures pétrolières au Gabon. L’exploitant Perenco a immédiatement réagi, mais l’incident soulève des interrogations structurelles sur l’état du réseau de transport des hydrocarbures.
Selon les sources locales, l’incident, localisé sur une portion critique reliant une conduite de 12 pouces à une autre de 18 pouces, a entraîné un écoulement de brut dans une zone encore en cours de sécurisation. Selon Perenco Oil & Gas Gabon, l’arrêt immédiat des pompes et l’isolement de la section touchée ont permis de circonscrire rapidement la fuite, limitant un impact qui aurait pu s’avérer dramatique pour l’écosystème local.
Dans un communiqué daté le 6 avril 2025, la société déclare : « Depuis les premières heures, Perenco travaille en étroite collaboration avec les équipes du Ministère du Pétrole et les opérateurs pétroliers concernés pour gérer la situation de manière rapide et rigoureuse. »

Des équipes spécialisées ont été mobilisées sans délai, en coordination avec les services du Ministère du Pétrole. La société assure une gestion « rigoureuse et transparente » de la situation, affirmant que la sécurité des populations riveraines et de l’environnement reste une priorité absolue.
« L’entreprise a promis une enquête technique approfondie pour identifier la cause de la perte de confinement », nous a confié un employé. Ce genre d’incident, bien que ponctuel, survient dans un climat de méfiance croissante à l’égard des infrastructures vieillissantes du secteur pétrolier gabonais. De nombreux experts rappellent que ces installations, souvent en service depuis plusieurs décennies, doivent faire l’objet de contrôles plus fréquents et rigoureux.
Au-delà de la réponse opérationnelle, c’est donc la capacité de Perenco à faire preuve de transparence qui sera scrutée. « Ce que l’opinion attend aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des réparations, mais des garanties sur la fiabilité du réseau », confie un ingénieur pétrolier indépendant basé à Port-Gentil.
Une pression accrue pour une modernisation du réseau
Ce nouvel incident pourrait accélérer le débat sur la modernisation des infrastructures pétrolières au Gabon. Dans un contexte de transition énergétique mondiale et d’attentes sociales accrues en matière de gouvernance environnementale, les opérateurs n’ont plus droit à l’erreur. Les autorités, bien que réactives, sont également appelées à renforcer leur rôle de contrôle. Si la coopération immédiate entre Perenco et le ministère en charge du pétrole est saluée, nombreux sont ceux qui appellent à la mise en place d’un cadre plus strict de prévention et de suivi environnemental, incluant les communautés locales. La promesse de Perenco de communiquer régulièrement sur l’évolution de la situation sera donc un indicateur crucial de sa volonté d’assumer pleinement ses responsabilités.