C’est une opération à la fois commerciale et stratégique que s’apprête à lancer la Centrale d’achat du Gabon. Samedi 25 avril, dès 8 heures, l’esplanade du stade d’Angondjé, dans la commune d’Akanda, accueillera un « méga marché » destiné à marquer l’entrée officielle des produits CEAG dans le quotidien des consommateurs.
À l’initiative du directeur général Théophile Boutamba, cet événement se veut une vitrine grandeur nature de l’offre de la structure publique. Trois grandes catégories de produits seront proposées telles des denrées de base comme le riz, l’huile ou le concentré de tomate, des produits frais tels que poulets et oignons, ainsi que des articles d’entretien domestique.
Au-delà de l’opération ponctuelle, la démarche s’inscrit dans un dispositif plus large. À l’issue de ce lancement, la distribution sera assurée dans 47 points de vente à travers le Grand Libreville, avec un système d’identification par QR code permettant aux consommateurs de localiser facilement les points agréés. À moyen terme, le réseau doit s’étendre vers Owendo, Bikélé, puis vers l’intérieur du pays, notamment à Port-Gentil et Franceville.
Cette initiative intervient quelques jours seulement après l’inauguration du siège de la Centrale d’achat du Gabon, le 11 avril, confirmant l’accélération de la mise en œuvre de cet outil voulu par les autorités.
Une réponse structurelle à la vie chère
La création de la Centrale d’achat du Gabon répond à une problématique persistante celle du coût élevé des produits de première nécessité au Gabon. Pays fortement dépendant des importations alimentaires, le marché gabonais subit depuis plusieurs années les effets conjugués des fluctuations internationales, des coûts logistiques et des marges de distribution.
En centralisant les achats et en réduisant les intermédiaires, la CEAG ambitionne de peser directement sur les prix. Le modèle s’inspire de mécanismes déjà expérimentés dans plusieurs pays africains, où des centrales publiques ou para-publiques interviennent pour réguler les marchés et garantir un accès plus équitable aux produits essentiels.
Un test grandeur nature
Le « méga marché » d’Akanda apparaît ainsi comme un test opérationnel. Il permettra d’évaluer non seulement l’adhésion des consommateurs, mais aussi la capacité logistique du dispositif à répondre à une demande potentiellement forte.
Reste une inconnue majeure : la durabilité des prix annoncés. Car si l’effet immédiat d’une telle opération peut séduire, c’est sur le long terme que la CEAG sera attendue, notamment face aux réalités du marché et à la concurrence du secteur privé.
Pour les autorités, le but est de transformer cette initiative en levier concret de lutte contre la vie chère, un sujet particulièrement sensible pour les ménages gabonais. Le rendez-vous de samedi pourrait bien donner le ton.