La Direction provinciale des Eaux et Forêts du Haut-Ogooué, en collaboration avec la Police judiciaire et avec l’appui de l’ONG Conservation Justice, a procédé le 22 décembre 2025 à Franceville à l’arrestation de trois individus de nationalité gabonaise, soupçonnés de trafic d’ivoire. Les suspects ont été interpellés en possession de dix défenses d’éléphants, destinées, selon les enquêteurs, à être commercialisées.
Deux des trois mis en cause ont été pris en flagrant délit de détention illégale et de tentative de vente de ces trophées d’espèces protégées, dans un lieu de la ville de Franceville. Une infraction formellement interdite par la législation gabonaise. Le troisième suspect, présenté comme le chauffeur ayant conduit les deux principaux auteurs présumés sur le lieu de la transaction, a été interpellé peu après.
Conformément à la procédure en vigueur, les trois hommes ont été placés en garde à vue à la Police judiciaire de Franceville, en attendant leur présentation devant le Parquet spécial de Libreville. Ils encourent, en vertu de l’article 390 du Code pénal, une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende équivalente à cinq fois la valeur des produits saisis.
Cette interpellation intervient dans un contexte de forte pression sur les populations d’éléphants de forêt. Selon les données récentes relayées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Gabon abrite à lui seul près de 66 % de la population mondiale de cette espèce. Mais à l’échelle du continent africain, les éléphants de forêt ont connu un déclin de plus de 86 % en 31 ans, jusqu’en 2015, principalement en raison du braconnage et de la destruction de leur habitat naturel. Les experts soulignent également que le faible taux de reproduction de l’espèce complique son rétablissement.
À la suite de la publication de ces données, le directeur scientifique d’Allen Family Philanthropies, Yuta Masuda, avait appelé à disposer de « données précises et actualisées » afin de mieux comprendre l’évolution des populations d’éléphants de forêt et d’en renforcer la protection. Pour autant, insistait-il, la lutte contre les menaces qui pèsent sur ces animaux reste une urgence.
Au Gabon, cette urgence est d’autant plus marquée que le trafic d’ivoire persiste et que les conflits récurrents entre les populations humaines et les éléphants fragilisent davantage la survie de l’espèce. Une situation qui appelle, selon les acteurs de la conservation, à un renforcement durable des actions de lutte contre le braconnage et le commerce illégal de la faune sauvage.