« Famille et « violence domestique » : une étude psychosociale de la souffrance conjugale liée aux tâches ménagères auprès de quelques foyers à Libreville »

La répartition des tâches domestiques et la charge mentale pèsent de plus en plus sur l’équilibre des couples. C’est le constat dressé par le Dr Tsamba-Ndzedy-Moughoa Rosamour Gassien Aymar, Docteur en psychologie sociale et chercheur à l’IRSH-CENAREST, à travers une étude réalisée auprès de 50 couples vivant à Libreville. Ses travaux mettent en lumière l’impact des inégalités domestiques sur le bien-être conjugal et invitent à repenser l’organisation de la vie familiale.

Dans de nombreux foyers gabonais, les tensions conjugales ne trouvent pas toujours leur origine dans les difficultés financières ou les problèmes de communication. Elles naissent parfois d’une réalité plus discrète, mais omniprésente, c’est la gestion quotidienne de la maison.

L’évolution des modèles familiaux et l’entrée massive des femmes sur le marché du travail ont profondément transformé la vie des ménages. Pourtant, cette évolution ne s’est pas toujours accompagnée d’un partage plus équilibré des responsabilités au sein du foyer. Pour le Dr Tsamba-Ndzedy-Moughoa Rosamour Gassien Aymar, cette situation favorise l’apparition d’une « double charge » qui associe les contraintes professionnelles à la gestion quotidienne de la maison.

« L’entrée croissante des femmes dans la vie professionnelle a contribué à redéfinir les rôles conjugaux, mais elle n’a pas toujours été accompagnée d’une redistribution équitable des responsabilités domestiques. Cette situation favorise l’apparition d’une double charge associant exigences professionnelles et gestion quotidienne du foyer », souligne le chercheur.

Une étude menée auprès de 50 couples

Pour comprendre les mécanismes à l’origine de cette souffrance conjugale, le chercheur a interrogé 50 couples de Libreville répondant à plusieurs critères comme vivre ensemble depuis au moins cinq ans, exercer une activité professionnelle et avoir au moins un enfant à charge.

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L’enquête s’est appuyée sur un questionnaire permettant d’évaluer la charge mentale, le partage des tâches ménagères, les normes traditionnelles de genre ainsi que les formes de souffrance conjugale.

Les analyses montrent que les difficultés rencontrées par les couples sont le résultat de plusieurs facteurs qui s’entrecroisent. « Les résultats montrent que la souffrance conjugale ne peut être expliquée par un seul élément, mais qu’elle résulte d’une combinaison de facteurs psychologiques et sociaux », indique le Dr Tsamba-Ndzedy-Moughoa Rosamour Gassien Aymar dans son étude.

La charge mentale, un poids invisible

L’étude met particulièrement en avant la charge mentale, souvent peu visible mais omniprésente dans l’organisation familiale.

Prévoir les repas, organiser les activités des enfants, anticiper les besoins du ménage ou encore gérer les imprévus représentent un travail quotidien qui peut devenir une importante source d’épuisement lorsqu’il repose principalement sur un seul partenaire. « La gestion invisible du foyer prévoir, organiser, anticiper les besoins familiaux constitue une source majeure de fatigue psychologique lorsqu’elle repose principalement sur un seul partenaire », relève le chercheur.

Selon lui, cette réalité confirme les travaux de la sociologue Arlie Hochschild sur la « deuxième journée de travail », qui décrit le prolongement des responsabilités domestiques après la journée professionnelle.

Les normes de genre alimentent les tensions

L’étude montre également que les représentations traditionnelles des rôles entre hommes et femmes continuent d’influencer la vie des couples. « Lorsque les représentations sociales attribuent encore principalement aux femmes la responsabilité du travail domestique, les déséquilibres deviennent plus difficiles à négocier et peuvent alimenter des sentiments d’injustice, de frustration et de conflit », explique le chercheur.

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Ces résultats montrent que les tensions conjugales ne relèvent pas uniquement des comportements individuels, mais trouvent aussi leur origine dans des mécanismes sociaux et culturels. « Cette recherche souligne que les difficultés conjugales ne relèvent pas uniquement des comportements individuels, mais qu’elles s’inscrivent dans des mécanismes sociaux et culturels plus larges », affirme le Dr Tsamba-Ndzedy-Moughoa Rosamour Gassien Aymar.

Repenser le partage des responsabilités

Au terme de son étude, le chercheur appelle à une réflexion collective sur l’organisation de la vie familiale.

Pour lui, une meilleure répartition des responsabilités domestiques constitue un levier essentiel pour préserver l’équilibre des couples. « Une relation conjugale équilibrée suppose non seulement un partage effectif des tâches domestiques, mais également une reconnaissance de la charge mentale et émotionnelle associée à leur gestion. Promouvoir davantage d’égalité dans la sphère privée constitue donc un enjeu majeur pour réduire les tensions conjugales et favoriser le bien-être familial », conclut-il.

Avce cette étude, le Dr Tsamba-Ndzedy-Moughoa Rosamour Gassien Aymar apporte un éclairage scientifique sur une réalité souvent banalisée. Ses travaux montrent que l’organisation des responsabilités au sein du foyer est devenue un véritable enjeu de cohésion familiale, de santé psychologique et d’équilibre social.

 

D’après les travaux scientifiques du Dr Tsamba-Ndzedy-Moughoa Rosamour Gassien Aymar, « Famille et « violence domestique » : une étude psychosociale de la souffrance conjugale liée aux tâches ménagères auprès de quelques foyers à Libreville », Docteur en psychologie sociale, chercheur à l’IRSH-CENAREST et membre du Laboratoire de Recherche sur les Espaces de Travail, les Identités et le Changement Social (LARETICS-IRSH).

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