Enfance : le Gabon veut renforcer ses politiques sociales à partir des données de l’Unicef

Les autorités gabonaises entendent s’appuyer davantage sur les données statistiques pour orienter les politiques publiques en faveur de l’enfance, à la faveur de la présentation, mercredi à Libreville, du rapport du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) consacré aux privations multidimensionnelles qui affectent les enfants au Gabon.

La cérémonie, présidée par la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, en présence de la ministre des Affaires sociales, Dr Armande Longo, épouse Moulengui, a permis de présenter aux décideurs publics un diagnostic actualisé des conditions de vie des enfants, élaboré à partir de la méthodologie Multiple Overlapping Deprivation Analysis (MODA).

Contrairement aux approches fondées uniquement sur le niveau de revenu, cette méthode analyse simultanément plusieurs facteurs susceptibles d’influencer le développement de l’enfant, notamment l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable, à l’assainissement, à la protection sociale et à un cadre de vie adéquat.

Les résultats de l’étude montrent que les disparités territoriales demeurent importantes, avec près de 43 % des enfants vivant hors de Libreville confrontés à des privations dans plusieurs de ces domaines essentiels.

Pour la représentante de l’Unicef au Gabon, Dr Marie Reine Chirezi Fabry, cette réalité appelle une réponse globale. « Une privation vient rarement seule : elle s’ajoute, se combine et peut peser durablement sur l’apprentissage, la santé, la protection, la confiance et l’avenir », a-t-elle expliqué.

Pour le gouvernement, ce rapport constitue avant tout un outil stratégique destiné à améliorer le ciblage des investissements sociaux et l’efficacité des programmes publics.

La ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono, a insisté sur la nécessité de faire des statistiques un véritable levier de décision. « Derrière chaque privation se trouve une responsabilité collective. Notre devoir est de transformer les données en décisions publiques, puis les décisions en résultats concrets pour les familles gabonaises », a-t-elle déclaré.

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Les autorités estiment que les conclusions de cette étude contribueront à une meilleure allocation des ressources publiques, en identifiant avec davantage de précision les territoires et les catégories d’enfants nécessitant un accompagnement prioritaire.

Cette démarche s’inscrit dans la dynamique engagée par le gouvernement pour renforcer la planification du développement à partir d’indicateurs fiables. Après la présentation des résultats provisoires du Recensement général de la population et du logement (RGPL), cette nouvelle étude vient enrichir les outils d’aide à la décision mis à la disposition des pouvoirs publics afin d’améliorer les politiques sociales et de réduire les inégalités.

Avec ce rapport, l’Unicef encourage une approche davantage fondée sur les données afin de renforcer l’efficacité des politiques sociales et de réduire les inégalités qui affectent encore une partie de la population infantile.

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