L’antenne provinciale de l’Office central anti-drogue de l’Ogooué-Maritime a procédé le 26 août dernier à l’interpellation d’un Gabonais de 30 ans soupçonné de trafic de cannabis dans la capitale économique du pays. L’opération, menée à la suite d’un renseignement, a conduit les agents jusqu’au domicile du mis en cause, au quartier Matanda, où une perquisition a permis la saisie de dix unités de cannabis conditionnées localement. L’affaire révèle une méthode de dissimulation aussi simple qu’efficace : glisser la drogue dans un ballot enfoui au cœur d’un sac de produits vivriers.
Identifié sous le prénom Georges, le suspect résidait au quartier Sibi. Il était activement recherché par les services antidrogue en lien avec une autre affaire impliquant une certaine Mambougou Babissa Jessi, actuellement incarcérée à la maison d’arrêt de Port-Gentil pour des faits similaires. Localisé aux environs de 8 heures du matin grâce à un renseignement transmis à l’OCAD, il a été interpellé sans résistance avant de conduire lui-même les enquêteurs à son domicile. Au cours de son audition, il a reconnu être le propriétaire des produits découverts et fourni des éléments circonstanciés sur les conditions de leur acheminement.
Selon ses déclarations, l’affaire trouverait son origine à Lambaréné, où un individu connu sous le surnom de « Damso » lui aurait proposé d’acheminer du cannabis vers Port-Gentil pour le commercialiser. Le stupéfiant aurait été dissimulé dans un ballot glissé à l’intérieur d’un sac d’arachides, au milieu d’autres denrées alimentaires, avant d’être récupéré au port de Port-Gentil. Une fois en sa possession, M.N. Georges aurait procédé lui-même au conditionnement du produit en seize unités destinées à la revente au prix unitaire de 25 000 francs CFA. Six d’entre elles avaient déjà trouvé acquéreur au moment de son interpellation. Les dix restantes ont été saisies, ainsi qu’une somme de 30 000 francs CFA en espèces.
L’OCAD précise que Georges était jusqu’alors inconnu de ses fichiers pour des faits de cette nature. L’enquête, désormais ouverte, devra établir avec précision le rôle de chaque intervenant dans la chaîne d’approvisionnement et de distribution, à commencer par le mystérieux « Damso » de Lambaréné. Cette affaire met en lumière une vulnérabilité persistante des circuits de transport de marchandises vivières, susceptibles d’être détournés à des fins de trafic. Elle souligne également l’importance du renseignement de proximité dans le travail des unités antidrogue gabonaises, dont l’action contribue à démanteler, une à une, les filières d’approvisionnement qui alimentent le marché local des stupéfiants.