Camp de Boys : la mort de Jérôme Désiré Itoka relance les questions autour du conflit foncier

Le décès de Jérôme Désiré Itoka, retrouvé sans vie sur une parcelle disputée au quartier Camp de Boys, au lieu-dit Venise, à Libreville, remet en lumière un contentieux foncier qui oppose depuis plusieurs décennies les héritiers de feu Jean-Claude Alloye à plusieurs acquéreurs successifs. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cette mort, alors que l’affaire soulève déjà de nombreuses interrogations.

Un différend qui remonte aux années 1980

Selon les proches de la famille Alloye, le litige trouve son origine au milieu des années 1980. Avant de quitter le Gabon pour la France, Jean-Claude Alloye aurait confié certaines démarches administratives concernant sa parcelle à Ayo Adibe Jean Félix.

Les héritiers soutiennent aujourd’hui que cette confiance aurait été détournée. Ils évoquent notamment une attestation de transfert datée du 21 août 1985 ainsi qu’un protocole d’entente portant sur une compensation financière et immobilière. À leurs yeux, ces engagements n’auraient jamais été respectés.

La famille continue de contester la validité de ces actes et réclame des explications sur les conditions dans lesquelles la propriété aurait changé de mains.

La justice avait ordonné son expulsion

Au fil des années, le terrain a été cédé à plusieurs reprises avant d’être acquis par la SCI Équateur Tower, représentée par Bakenda Chamoun, qui affirme détenir un titre foncier en bonne et due forme.

Saisie du dossier, la justice avait ordonné l’expulsion de Jérôme Désiré Itoka et des autres occupants de la parcelle par une ordonnance rendue le 29 août 2024 par le Tribunal de première instance de Libreville.

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Cette décision a été exécutée le 6 février 2026 par un huissier agissant sur réquisition du procureur de la République. Par la suite, Jérôme Désiré Itoka a également été condamné à trois mois de prison avec sursis pour non-exécution d’une décision de justice et refus d’obtempérer face aux forces de l’ordre.

Une opposition maintenue jusqu’au bout

Malgré ces décisions judiciaires, Jérôme Désiré Itoka n’avait jamais renoncé à revendiquer cette parcelle.

Selon ses proches, il répétait : « Je ne quitterai pas ce terrain tant qu’Ayo Adibe Jean Félix ne reviendra pas au Gabon pour expliquer ce qui s’est réellement passé en 1985. »

Estimant que toute la lumière n’avait pas été faite sur cette affaire, il continuait de revenir sur le site afin de s’opposer aux travaux engagés par le nouveau propriétaire.

Une interpellation suivie d’un décès

Le 1er juillet 2026, Jérôme Désiré Itoka a été interpellé par des éléments de la Gendarmerie nationale dans le cadre d’une procédure liée à des faits présumés de rébellion et d’entrave à l’exécution d’une décision judiciaire.

D’après son entourage, il serait ressorti de sa garde à vue avec plusieurs hématomes et se plaignait de douleurs à la poitrine.

« Il avait des blessures visibles et disait souffrir de fortes douleurs au thorax », rapportent des proches.

Malgré son état, il aurait choisi de poursuivre son mouvement de protestation en passant plusieurs nuits sur la parcelle litigieuse.

C’est à cet endroit que son corps a été découvert le samedi 4 juillet. Les premiers constats font état de saignements au niveau du nez, de la bouche et des oreilles.

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Une autopsie attendue

Alerté, le parquet de Libreville s’est rendu sur les lieux avec les services de police judiciaire afin d’effectuer les premières constatations.

Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances du décès.

À ce stade, aucune autorité judiciaire ne s’est prononcée sur les causes de la mort. L’autopsie devra déterminer si Jérôme Désiré Itoka est décédé des suites d’un malaise, de blessures ou de toute autre cause susceptible d’engager d’éventuelles responsabilités pénales.

En attendant les résultats des investigations, cette affaire continue de susciter de nombreuses interrogations, aussi bien sur le règlement du litige foncier que sur les événements ayant précédé la mort de Jérôme Désiré Itoka.

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