L’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze est sorti de sa réserve ce 30 juillet pour livrer une déclaration ferme et sans ambiguïté. Dans un ton grave, le président du mouvement Ensemble Pour le Gabon fustige le communiqué du Ministère de l’Intérieur relatif à l’éligibilité de certains candidats aux prochaines élections. Il dénonce une « instrumentalisation des institutions » et alerte sur un dangereux glissement du droit vers l’arbitraire.
« Ce n’est pas cela, la République »
Dans un texte publié sur sa page Facebook, Bilie-By-Nze met en garde contre la tentation d’un pouvoir qui manipule les règles électorales à des fins partisanes. « L’État de droit ne saurait être un décor qu’on déplace au gré des intérêts du moment », affirme-t-il, dénonçant un communiqué ministériel qui, selon lui, outrepasse les compétences de l’administration.
Le ministère s’est appuyé sur l’article 77 de la loi n°001/2025 pour évoquer l’inéligibilité de certains citoyens. Or, selon l’ancien chef du gouvernement, seul un jugement définitif émanant des juridictions compétentes – la Cour des comptes ou la Cour constitutionnelle – peut priver un citoyen de son droit à être candidat, conformément à l’article 369 du Code électoral.
Une « ruse administrative » pour écarter des adversaires ?
Bilie-By-Nze va plus loin : il accuse l’exécutif d’organiser, sous couvert de légalité, une disqualification politique préméditée. Il dénonce une « démarche inacceptable » qui viserait à contourner le suffrage universel en écartant certains profils par des procédés bureaucratiques. « Ce n’est pas la loi qu’on applique ici, c’est le pouvoir qu’on étire jusqu’à l’abus », avertit-il, dénonçant une logique de contrôle politique par la voie réglementaire.
Au-delà de la simple querelle juridique, c’est la crédibilité même du processus électoral qui est mise en cause. Bilie-By-Nze évoque un « simulacre de démocratie » orchestré dans « les couloirs obscurs du pouvoir », bien loin des principes de transparence, d’impartialité et de respect de la souveraineté populaire.
Attaché aux institutions républicaines, mais inquiet de leur dévoiement, il appelle à un sursaut national pour défendre la légalité et l’esprit de la démocratie. Son message est clair : le Gabon ne mérite pas une démocratie en trompe-l’œil, mais un État de droit véritable, où l’on gagne dans les urnes, non par des manœuvres de coulisse.