Dans une phase critique de transition politique, l’Assemblée nationale de transition a auditionné ce lundi deux membres du gouvernement : Jeannot Kalima, ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités, et Camélia Ntoutoume-Leclercq, ministre de l’Éducation Nationale et de l’Instruction Civique. Face aux députés, les deux ministres ont présenté des projets de réforme majeurs, visant à moderniser l’administration publique et revitaliser le système éducatif gabonais.
Ouvrant les débats, Jeannot Kalima a défendu l’ordonnance n°0004/PR/2024 du 22 janvier 2025, portant réorganisation de l’École Nationale d’Administration (ENA). Fondée en 1962, l’ENA, longtemps considérée comme un pilier de la formation des hauts fonctionnaires, peine aujourd’hui à répondre aux défis de la modernisation étatique. La réforme proposée ambitionne d’en faire un levier de performance administrative, en élargissant l’accès à ses formations et en adaptant ses programmes aux nouvelles exigences de gouvernance et de service public. « L’administration gabonaise doit se doter de cadres compétents, éthiques et résolument tournés vers l’efficacité », a affirmé le ministre, appelant à une rupture nette avec les lourdeurs bureaucratiques héritées du passé.
Prenant à son tour la parole, Camélia Ntoutoume-Leclercq a exposé les grands axes du projet de réforme du système éducatif. Face à l’effritement constaté du niveau scolaire et au recul des valeurs civiques, la ministre a plaidé pour une refonte en profondeur des curricula, assortie d’un renforcement de l’instruction civique dans les écoles. « L’éducation doit redevenir le socle de l’émancipation citoyenne et du développement économique », a-t-elle martelé devant les députés, insistant sur la nécessité de former des jeunes conscients de leurs responsabilités dans la construction du Gabon de demain.
Ces deux projets, portés par un exécutif de transition, traduisent une volonté claire : refonder les bases de l’État et restaurer la confiance entre l’administration, l’école et les citoyens. Dans un climat marqué par de fortes attentes sociales, la réussite de ces réformes apparaît comme un test majeur pour la crédibilité des autorités de transition et leur capacité à imprimer un nouveau cap au pays.