Le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema, a marqué les esprits lors de sa première visite officielle à Port-Gentil, épicentre de l’industrie pétrolière nationale. Face aux opérateurs du secteur, il a délivré un message clair : un nouveau cadre d’exploitation est en gestation, dicté par les exigences de transparence, d’attractivité, de souveraineté économique et de responsabilité environnementale. Dans un contexte où la production pétrolière gabonaise stagne et où 72 % du potentiel national demeure encore inexploré, le ministre entend relancer la dynamique en engageant des réformes ambitieuses.
L’une des annonces majeures concerne l’orientation stratégique vers l’offshore profond et très profond, zones à fort potentiel, mais encore largement inexplorées. Le ministre a mis en parallèle les récents succès enregistrés dans le Golfe de Guinée et l’analogie géologique avec les bassins brésiliens pour justifier cette priorité. Afin d’attirer des investisseurs dans ces zones techniquement complexes et coûteuses, l’État prévoit une baisse progressive, voire une suppression, des bonus de signature. Cette réforme vise à renforcer l’attractivité du secteur dans un environnement international de plus en plus compétitif, conformément à la feuille de route fixée par le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Mais le redressement du secteur ne se fera pas sans rigueur. Sur la question environnementale, le ministre a rappelé les obligations des sociétés pétrolières en matière de sécurité et de préservation des écosystèmes, évoquant notamment les récents incidents sur des plateformes opérées par Perenco. Il a appelé à une vigilance accrue et à une pleine responsabilisation des opérateurs, en soulignant l’importance de la domiciliation sur le territoire national des fonds issus de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Il a cité à ce titre les bonnes pratiques observées chez Vaalco, BW Energy, Maurel & Prom et Assala Gabon.
Autre point de friction évoqué : la gestion des primes d’assurance pétrolière. Le ministre a dénoncé la domiciliation systématique de ces fonds à l’étranger, en contradiction avec la législation en vigueur. Il a annoncé la réouverture du dossier et l’organisation prochaine de séances de travail avec les compagnies concernées. Cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la souveraineté économique et de maximiser les retombées financières pour l’économie nationale.
Sosthène Nguema Nguema a posé les piliers de ce qu’il souhaite incarner : confiance, rigueur, transparence et respect de la réglementation. Il appelle à une transformation structurelle du secteur, à l’heure où le Gabon veut redevenir un acteur compétitif, attractif et exemplaire dans sa gestion des hydrocarbures. La présidente de l’Union pétrolière du Gabon, Jacqueline Bignoumba, a salué cette nouvelle dynamique, exprimant l’optimisme des opérateurs quant aux perspectives d’exploration et d’investissement. Un message fort, dans une ville symbole, à un moment où tout reste encore à reconfigurer.