Dette de 330 millions de dollars : Bosch Capital met la pression sur Libreville

Le fonds sud-africain Bosch Capital a fixé au 3 septembre 2026 une échéance au Gabon pour le règlement d’une créance qu’il évalue à plus de 300 millions de dollars. En cas de non-paiement, le fonds menace de saisir plusieurs acteurs du système financier international, faisant peser sur Libreville un risque qui dépasse le seul contentieux avec Paramount Group.

Le dossier prend une nouvelle dimension avec l’ultimatum adressé aux autorités gabonaises. Selon les informations rapportées par Africa Intelligence, Bosch Capital, qui a acquis les droits sur la créance détenue auparavant par Paramount Group, réclame à l’État gabonais le règlement d’une dette évaluée à environ 330 millions de dollars. Dans une lettre adressée le 24 août 2026 aux autorités gabonaises par l’intermédiaire de ses conseils du cabinet Seven Pillars Law, le fonds aurait fixé au 3 septembre la date limite pour obtenir une réponse ou un règlement.

L’enjeu pour Libreville ne se limite toutefois pas à une procédure de recouvrement. Bosch Capital menace d’informer différents acteurs du système financier international, notamment les agences de notation, les établissements bancaires et les investisseurs. Une telle démarche pourrait accroître la pression sur l’État gabonais et attirer l’attention des marchés sur ce différend, alors que la crédibilité financière et la capacité d’accès aux financements extérieurs constituent des enjeux importants pour les finances publiques. Le risque est donc de voir un contentieux commercial se transformer en sujet de perception du risque souverain.

À l’origine de la créance se trouve un différend avec Paramount Group, groupe sud-africain actif dans les secteurs de la défense et de l’aérospatiale. Selon les éléments rapportés par Africa Intelligence, le contentieux serait lié à un contrat conclu en 2014 entre le Gabon et le groupe sud-africain pour des prestations d’entretien et de soutien à des équipements militaires. Cette relation commerciale s’inscrivait dans une coopération plus ancienne entre les deux parties, notamment autour des capacités aériennes gabonaises. En 2006-2007, Libreville avait notamment acquis auprès de Paramount Group et d’Aerosud des Mirage F1AZ provenant de l’ancienne flotte de l’armée de l’air sud-africaine.

Lire Aussi:  La CEMAC lance un nouveau Programme de Développement pour la Zone des Trois-Frontières

Le dossier s’est depuis déplacé sur le terrain juridique et financier. Les prestations concernées n’auraient pas été intégralement réglées, tandis que le montant de la créance aurait progressivement atteint plusieurs centaines de millions de dollars. Le différend aurait également donné lieu à une procédure d’arbitrage international à Londres au début des années 2020. En juin 2025, Bosch Capital aurait racheté à Paramount les droits attachés à cette créance. Libreville conteste cependant les prétentions du fonds et remet notamment en cause la régularité du contrat de 2014 ainsi que les obligations financières qui en découlent. Cette contestation place désormais les deux parties dans un face-à-face à la fois juridique et financier.

À quelques jours de l’échéance du 3 septembre, la pression s’intensifie donc sur le gouvernement gabonais. Plusieurs scénarios restent ouverts celle de la négociation d’un règlement, poursuite de la contestation ou aggravation du contentieux. Si Bosch Capital met sa menace à exécution, l’affaire pourrait prendre une dimension internationale et attirer davantage l’attention sur les engagements financiers de l’État gabonais. Pour Libreville, l’enjeu immédiat consiste ainsi à gérer un contentieux dont les conséquences potentielles pourraient dépasser largement le montant de la créance revendiquée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *