Port de Kobé-Kobé : le pari économique qui pourrait redessiner l’avenir du Gabon

Au-delà de la cérémonie de lancement, le projet de Kobé-Kobé soulève une question essentielle : le Gabon peut-il transformer son immense potentiel minier en puissance industrielle durable ?

Depuis plusieurs décennies, le pays exporte principalement des matières premières brutes. Avec le développement simultané d’une mine de fer géante, d’un corridor ferroviaire et d’un port en eau profonde, les autorités tentent aujourd’hui de bâtir un modèle davantage intégré.

Cette ambition a été clairement formulée lors du lancement du chantier. « Votre ambition est claire : faire du Gabon un acteur incontournable de la logistique régionale et un hub stratégique en Afrique centrale. Cette ambition prend aujourd’hui une forme concrète », a affirmé le ministre des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

Les chiffres avancés illustrent l’ampleur du projet. Selon Jacques Kanga, représentant d’Algest Investment Bank, la mine de Bélinga devrait produire plus de 100 millions de tonnes de minerai par an « Nous parlons d’une capacité de plus de 100 millions de tonnes annuelles, soit près de 274 000 tonnes de minerai par jour destinées au marché international », a-t-il indiqué.

Pour les promoteurs, l’enjeu ne se limite pas à l’exportation du fer. Le projet vise également à attirer des investissements industriels, développer des activités de sous-traitance et créer un tissu économique autour du corridor logistique.

Le programme devrait également avoir un impact social majeur,  les projections les plus optimistes évoquent la création annoncée de 100 000 emplois directs et indirects. Les autorités estiment également que les revenus générés pourraient représenter, à terme, une part significative du produit intérieur brut national.

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Reste toutefois le défi de la concrétisation. En Afrique, de nombreux mégaprojets miniers ont été confrontés à des retards, des contraintes de financement ou des fluctuations des marchés mondiaux.

Le véritable enjeu de Kobé-Kobé ne réside donc pas uniquement dans la construction d’un port, mais dans sa capacité à devenir le moteur d’une transformation structurelle de l’économie gabonaise. Si le pari est tenu, le pays pourrait disposer, pour la première fois de son histoire moderne, d’un corridor industriel intégré reliant ses ressources naturelles aux grands flux du commerce mondial.

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