Bilan des 100 jours : Edgard Moukoumbi affiche ses ambitions pour désenclaver le Gabon et moderniser les infrastructures

Invité de l’émission spéciale « La Grande Nuit des 100 Jours » diffusée sur Gabon Première, le ministre des Travaux Publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, a dressé un premier bilan de son action à la tête du département ministériel. Entre performances routières, relance des subdivisions provinciales, lutte contre les inondations et poursuite des grands projets structurants, le membre du gouvernement a présenté les résultats obtenus et les perspectives envisagées dans le cadre du Plan national de croissance et de développement 2026-2030.

Une feuille de route guidée par la performance, la probité et le patriotisme

Dès l’entame de son intervention, le ministre a rappelé que son action s’inscrit dans la vision portée par le Chef de l’État à travers le slogan : « Ensemble bâtissons l’édifice nouveau ».

« Le ministère conduit deux missions principales : la construction, l’habitat et les équipements collectifs, ainsi que l’entretien du patrimoine routier national. Notre feuille de route repose sur le désenclavement du pays et la réalisation de chantiers structurants, réalistes et visibles, sous le prisme de la performance, de la probité et du patriotisme », a-t-il déclaré.

132 kilomètres de routes réalisés en 100 jours

L’un des principaux motifs de satisfaction du ministre concerne les infrastructures routières. Alors que les objectifs initiaux fixés dans la feuille de route prévoyaient la réalisation de 51 kilomètres de routes, le ministère annonce avoir livré près de 132 kilomètres en seulement cent jours.

Selon le ministre, cette performance a été rendue possible grâce à l’accélération de plusieurs chantiers stratégiques à travers le pays. « Nous avions annoncé 51 kilomètres. Nous sommes allés bien au-delà avec 132 kilomètres réalisés. La plus belle performance vient notamment de l’axe Toum-Kokovic où 40 kilomètres de grave bitume ont été exécutés. Nous avons également dépassé nos prévisions dans le Woleu-Ntem, à Oyem et sur l’axe Zongon-Oyane », a-t-il expliqué.

Parmi les projets phares figure également l’axe Alembé-Mikouyi, considéré comme l’un des chantiers prioritaires du septennat en raison de son impact sur quatre provinces : le Moyen-Ogooué, l’Ogooué-Lolo, l’Ogooué-Ivindo et le Haut-Ogooué.

Des solutions annoncées pour les axes routiers les plus dégradés

Face aux préoccupations récurrentes des populations concernant l’état de certaines routes nationales, le ministre a assuré que plusieurs mesures avaient déjà été engagées.

Pour les tronçons Bifoun-Ndjolé et Bifoun-Lambaréné, des conventions de rénovation durable ont été signées afin de permettre à l’entreprise adjudicataire de lancer simultanément des travaux d’entretien et la préparation d’une réhabilitation complète.

Concernant les axes Ndendé-Tchibanga et Tchibanga-Mayumba, dont les travaux s’étendent depuis plus d’une décennie, le gouvernement entend accélérer la mobilisation des financements nécessaires. « Ces chantiers durent depuis trop longtemps. Nous travaillons actuellement sur des combinaisons financières afin de sécuriser les ressources nécessaires et sortir définitivement de cette situation d’ici 2027 », a affirmé le ministre.

Péages, contrôle technique et routes durables

Pour préserver les investissements réalisés, le ministère prévoit désormais l’installation systématique de postes de péage et de pesage sur les nouvelles infrastructures routières.

« Toutes les nouvelles routes intégreront des systèmes de péage-pesage, avec un espacement maximal de 100 kilomètres, afin de protéger les ouvrages contre les dégradations prématurées », a indiqué Edgard Moukoumbi.

Le ministre a également insisté sur le renforcement des mécanismes de contrôle technique. « Chaque grand chantier est suivi par un cabinet de contrôle agréé chargé de vérifier le respect des normes. Les routes construites aujourd’hui doivent avoir une durée de vie comprise entre 25 et 30 ans », a-t-il souligné.

Autre innovation annoncée c’est l’intégration systématique de fourreaux souterrains destinés aux réseaux d’eau, d’électricité et de fibre optique afin d’éviter les travaux de démolition du bitume après la livraison des routes.

Le chantier du PK1 se poursuit

Interrogé sur l’évolution du projet du PK1 à Libreville, le ministre a tenu à rassurer les populations. « Le projet n’est pas abandonné. Le grand pont de Bella Banga progresse normalement et près de 80 % des pieux sont déjà réalisés. La pose des poutres est prévue pour le mois de juillet », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que les retards observés résultaient principalement du déplacement de plusieurs réseaux stratégiques, notamment les installations d’eau potable, de fibre optique et certains équipements relevant de la défense nationale.

Le gouvernement prévoit également de poursuivre le recasement progressif des commerçants concernés afin de libérer les emprises nécessaires à la réalisation des déviations routières.

Relance des subdivisions provinciales et entretien des routes en terre

L’entretien du réseau routier secondaire constitue un autre axe majeur de la stratégie gouvernementale. Le ministre a annoncé la remise en activité des subdivisions provinciales des Travaux publics, longtemps confrontées à un déficit d’équipements.

« Le Chef de l’État a permis de ressusciter ces subdivisions. Elles disposent désormais d’un minimum de matériel leur permettant de traiter les bourbiers et d’intervenir directement sur les routes en terre », a-t-il expliqué.

Dès juin 2026, plus de 2 000 kilomètres de routes feront l’objet de travaux d’accotement, d’ensoleillement et d’entretien préventif sur l’ensemble du territoire national.

Une offensive contre les inondations à Libreville

Les inondations récurrentes dans le Grand Libreville ont également occupé une place importante dans les échanges.

Le ministre a annoncé la réception des études détaillées portant sur douze bassins versants de la capitale, réalisées avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD). « Le projet est désormais prêt. Il représente un investissement estimé à près de 400 milliards de FCFA. Il permettra d’ouvrir les lits des rivières, de mieux canaliser les eaux pluviales et de réduire durablement les risques d’inondation », a-t-il précisé.

Conscient des conséquences sociales de ces aménagements, le gouvernement a déjà sécurisé plus de 50 hectares à Toum afin d’assurer le relogement des populations impactées par les opérations de déguerpissement.

Une transformation progressive du visage de Libreville

Le ministre a également évoqué plusieurs projets urbains majeurs destinés à moderniser la capitale.

Parmi eux figurent les aménagements du Front de mer, le développement de la Baie des Rois, la Cité de la Démocratie ainsi que la Cité Émeraude.

L’un des symboles de cette transformation reste la construction de la tour administrative de 52 étages. « Le chantier avance au rythme d’un étage par semaine. Nous avons déjà atteint le 33e étage et une première réception est prévue avant la fin du premier semestre 2027 », a-t-il indiqué.

Une meilleure prise en compte des personnes à mobilité réduite

Reconnaissant certaines insuffisances dans la conception des nouvelles passerelles piétonnes, le ministre a annoncé des mesures correctives.

« L’accessibilité des personnes à mobilité réduite avait été insuffisamment prise en compte. Nous avons signé des avenants pour intégrer des ascenseurs sur les quatre nouvelles passerelles actuellement en construction. Les anciennes infrastructures seront également adaptées progressivement », a-t-il assuré.

« Nous n’avons pas droit à l’échec »

En conclusion, Edgard Moukoumbi a appelé à une mobilisation collective pour accompagner la transformation du pays. « Nous sommes à un tournant décisif. Ce septennat est celui de la refondation de l’État et de la République. Nous n’avons pas le droit à l’échec. Il faut travailler sans relâche pour rattraper le retard accumulé, redonner espoir aux Gabonais et rendre chacun fier de son pays », a-t-il déclaré.

Avant de conclure par une conviction qui résume l’ensemble de sa vision : « Le développement d’un pays passe avant tout par le développement de la route ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *