Bilan des 100 jours : médias, numérique et régulation, Germain Biahodjow dévoile les grands chantiers de ses 100 premiers jours

Invité de l’émission spéciale « La Grande Nuit des 100 Jours » diffusée en direct sur Gabon Première, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a présenté le bilan de ses cent premiers jours à la tête de son département. Entre réforme du cadre juridique, régulation des réseaux sociaux, modernisation de l’audiovisuel et restructuration des entreprises publiques sous tutelle, le membre du gouvernement a détaillé les principales actions engagées pour transformer le secteur de la communication au Gabon.

Une réforme ambitieuse du cadre juridique

Au cœur des priorités du ministère figure la modernisation du code de la communication. Pour Germain Biahodjow, les textes actuellement en vigueur ne répondent plus aux réalités imposées par l’essor du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.

Le ministre a ainsi annoncé la poursuite des travaux visant à adapter la législation aux nouveaux usages de l’information et de la communication. Cette réforme doit permettre de mieux encadrer les pratiques numériques tout en garantissant un environnement médiatique plus moderne et plus performant.

Dans cette dynamique, le gouvernement travaille également à la finalisation du statut particulier des professionnels de la communication. Cette mesure vise à restructurer le secteur, à valoriser les métiers des médias et à offrir un cadre professionnel mieux adapté aux exigences actuelles.

Réseaux sociaux : entre liberté d’expression et responsabilité

La question de la suspension des réseaux sociaux par la Haute Autorité de la Communication (HAC) a occupé une place importante dans les échanges.

Face aux interrogations des journalistes, Germain Biahodjow a défendu cette décision qu’il qualifie de mesure conservatoire prise dans un contexte marqué par la prolifération des discours de haine, des fausses informations et des campagnes de désinformation.

Selon lui, le retour à la normale passe par plusieurs étapes essentielles, notamment l’identification des acteurs économiques opérant dans l’espace numérique gabonais et l’ouverture de discussions avec les grandes plateformes internationales du numérique.

L’objectif affiché est de mettre en place un cadre de régulation capable de protéger les citoyens tout en préservant les libertés fondamentales liées à l’usage des outils numériques.

La TNT, un projet stratégique pour l’avenir audiovisuel

Parmi les grands dossiers évoqués figure également le passage à la Télévision Numérique Terrestre (TNT), considéré comme l’un des projets structurants du secteur.

Estimé à près de 51 milliards de FCFA, ce programme vise à moderniser la diffusion audiovisuelle sur l’ensemble du territoire national. Le ministre a souligné l’urgence de cette transition technologique qui permettra d’améliorer la qualité des services audiovisuels et de renforcer l’accès des populations à l’information.

À terme, près de 440 000 foyers gabonais devraient bénéficier de cette infrastructure, avec des coûts d’accès réduits et une meilleure couverture nationale.

La Poste SA en pleine restructuration

Le ministre a également fait le point sur la situation de La Poste SA, confrontée depuis plusieurs années à d’importantes difficultés de fonctionnement.

Pour redresser l’entreprise, plusieurs mesures ont été engagées, notamment un audit du patrimoine, une amélioration de la gouvernance et une lutte renforcée contre les situations de double emploi.

Ces actions s’inscrivent dans une stratégie globale visant à restaurer la viabilité économique de l’entreprise et à améliorer la qualité des services offerts aux usagers.

Africa N°1 et les médias publics au cœur des priorités

Au cours de son intervention, Germain Biahodjow a confirmé la récupération complète par l’État gabonais de la radio panafricaine Africa N°1, une opération présentée comme une étape majeure dans la préservation d’un patrimoine médiatique emblématique du continent.

Le ministre a également abordé la situation des médias publics, notamment Gabon Première et Radio Gabon. Il estime nécessaire de repenser leur modèle économique afin de renforcer leur autonomie financière et leur capacité à remplir efficacement leur mission de service public.

Parmi les pistes envisagées figure l’instauration d’une grille tarifaire pour certaines prestations, notamment celles liées aux activités politiques et institutionnelles.

Un secteur en pleine transformation

À travers ce bilan des cent premiers jours, Germain Biahodjow a mis en avant une vision axée sur la modernisation, la régulation et la professionnalisation du secteur de la communication.

Entre adaptation du cadre légal aux défis du numérique, encadrement des réseaux sociaux, déploiement de la TNT et restructuration des entreprises publiques, le ministère entend poser les bases d’un écosystème médiatique plus performant, plus responsable et mieux adapté aux enjeux du XXIe siècle.

Ces réformes, dont plusieurs sont encore en cours de mise en œuvre, seront suivies de près par les professionnels du secteur et par l’ensemble des citoyens, dans un contexte où l’information et la communication occupent une place stratégique dans le développement du Gabon.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *