Le Gabon s’apprête à franchir une étape importante dans sa stratégie de transformation digitale avec l’inauguration, prévue en juin, d’un centre de données de nouvelle génération implanté dans la Zone économique spéciale de Nkok. Le projet, porté par le groupe ST Digital, a été présenté ce jeudi au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, par la directrice générale de l’entreprise, Laïka Mba.
Baptisée “IA Cloud Écoresponsable Tier 3”, cette infrastructure se veut un outil stratégique au service de la souveraineté numérique du pays. Elle permettra d’héberger localement des données, de renforcer la sécurité des systèmes d’information et d’accompagner la montée en puissance des services numériques publics et privés.
Qu’est-ce qu’un data center ?
Un data center (ou centre de données) est une infrastructure physique qui regroupe des serveurs informatiques, des systèmes de stockage et des équipements réseau. Il sert à stocker, traiter et sécuriser des données numériques utilisées par les administrations, les entreprises ou les plateformes en ligne.
Concrètement, chaque fois qu’un citoyen utilise un service en ligne paiement mobile, site gouvernemental, réseau social ou application bancaire ses données transitent et sont stockées quelque part. Le data center est ce « quelque part ».
Un enjeu de souveraineté et de sécurité
Dans le cas du Gabon, disposer d’un data center local représente un enjeu majeur de souveraineté numérique. Aujourd’hui, une grande partie des données africaines est hébergée à l’étranger, ce qui pose des questions de contrôle, de protection et de dépendance technologique.
Avec cette nouvelle infrastructure, les autorités souhaitent : réduire la dépendance aux serveurs étrangers, améliorer la sécurité et la confidentialité des données nationales, accélérer la digitalisation de l’administration et soutenir le développement de services numériques locaux
Selon ST Digital, le site de Nkok sera conçu selon des standards élevés de fiabilité et de performance, correspondant à un niveau Tier 3, garantissant une disponibilité quasi continue des services.
Un levier pour l’économie numérique
Au-delà de l’aspect technique, ce projet s’inscrit dans une vision plus large de développement économique. Un data center local permet en effet de stimuler l’écosystème numérique, d’attirer des entreprises technologiques et de favoriser la création d’emplois qualifiés dans les métiers du digital.
Pour le gouvernement gabonais, cette infrastructure doit devenir un pilier de la modernisation de l’État et un outil d’accompagnement des politiques publiques dans le domaine de l’innovation.
La plupart des pays africains disposent aujourd’hui d’au moins un data center, mais le niveau de développement reste très inégal selon les régions. L’Afrique du Sud est le leader du continent avec des infrastructures très avancées et de niveau international, concentrées notamment à Johannesburg et Cape Town. Le Nigeria et le Kenya suivent Le Maroc, l’Égypte, le Ghana et la Côte d’Ivoire développent également leurs capacités pour soutenir la transformation digitale et l’hébergement local des données. D’autres pays comme le Sénégal, le Rwanda, l’Algérie ou encore le Gabon commencent à investir dans ce secteur stratégique.
Un projet stratégique pour le Gabon
Lors de l’audience avec la direction de ST Digital, le vice-président du gouvernement a réaffirmé l’importance de ce type d’investissement pour l’avenir numérique du pays. L’inauguration du centre, attendue en juin, marquera ainsi une étape symbolique dans la volonté du Gabon de bâtir une économie plus connectée, plus autonome et plus compétitive.
Avec ce projet, le pays csouhaite donc s’imposer progressivement comme un acteur de référence en matière d’infrastructures numériques en Afrique centrale.