Lors de l’émission spéciale « La Nuit des 100 jours » diffusée sur Gabon Première, le ministre du Logement, Mays Mouissi, a dressé le bilan de son action au sein du gouvernement de Transition dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema. Pendant plus d’une heure, il a présenté les réformes engagées, les résultats obtenus en 100 jours ainsi que les difficultés persistantes dans les secteurs du logement et du foncier.
Le ministre a rappelé les trois priorités fixées par le chef de l’État : faciliter l’accès au foncier, sécuriser les propriétés grâce aux titres fonciers et développer des logements accessibles. Selon lui, cette politique vise à mettre fin aux lourdeurs administratives qui freinent depuis des décennies l’accès des Gabonais à la propriété.
Le plan foncier, Mays Mouissi a annoncé que 16 811 décisions de cession en toute propriété ont été établies et transmises à la Conservation foncière en seulement 100 jours. À titre de comparaison, l’ANUTTC n’avait produit qu’environ 1 000 décisions sur toute l’année 2025. Il a également rappelé qu’au 31 décembre 2025, le Gabon ne comptait que 33 000 titres fonciers créés depuis 1905, illustrant l’ampleur du retard accumulé.
Concernant l’aménagement urbain, le ministre a indiqué que 4 342 parcelles ont déjà été aménagées et commercialisées, avec pour objectif d’atteindre 10 000 parcelles d’ici octobre 2026. Les opérations concernent notamment Bikélé, Igoumié et Sassa. Dans le même temps, 1 394 logements sont actuellement en construction à travers le pays, tandis que 1 148 logements supplémentaires seront lancés le 2 juin 2026 sur les sites de Mikelé et Sassa.
Le ministre a également défendu le coût des logements sociaux proposés par la SNI. Selon lui, il est impossible de construire une maison moderne à 3 ou 5 millions FCFA en raison du coût élevé des matériaux et des aménagements. Il a toutefois souligné que l’État subventionne fortement les projets, notamment avec des parcelles de 500 m² vendues à 2 750 000 FCFA, bien en dessous de leur valeur réelle. Il a aussi plaidé pour le développement du crédit immobilier sur 15 à 20 ans afin de faciliter l’accès à la propriété.
Sur les dossiers sensibles, notamment les déguerpissements de Plein Ciel et Plein Orety, Mays Mouissi a reconnu que l’État ne dispose pas encore d’assez de logements pour reloger toutes les familles concernées. Il a précisé qu’une partie des sinistrés avait déjà été indemnisée ou relogée à Bikélé. Concernant les occupations dites anarchiques à Esasa, il a annoncé que 1 500 familles sont en cours de régularisation moyennant un forfait de 600 000 FCFA pour les habitations effectivement bâties.
Le ministre a égalment insisté sur la modernisation du cadastre et la digitalisation des services fonciers afin de réduire les délais et les fraudes. Il a également rappelé que l’État gabonais ne vend pas directement de terres aux étrangers, les acquisitions se faisant uniquement sur le marché secondaire. À travers cette intervention, Mays Mouissi a défendu une politique basée sur la régularisation, la rationalisation et la réduction progressive des coûts d’accès au foncier et au logement.