Le bon fonctionnement des hôpitaux ne dépend pas uniquement des équipements ou des infrastructures, mais aussi d’un élément souvent invisible, la gestion administrative des personnels de santé. Le lancement d’une commission prévue du 18 au 22 mai 2026, cette commission chargée de régulariser les situations des agents du secteur met en lumière un problème structurel longtemps resté en arrière-plan.
Réunis au Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL), les ministères concernés ont engagé une opération visant à traiter des dossiers en souffrance : intégrations non validées, avancements non appliqués, reclassements bloqués ou encore rappels de salaires non régularisés les rappels de solde non régularisés ainsi que les titularisations en souffrance. Autant de situations qui, cumulées, finissent par peser sur la motivation du personnel.
Car au-delà des procédures administratives, c’est l’organisation même du système de santé qui est concernée. Dans de nombreux établissements, les agents concernés exercent leurs fonctions malgré des situations professionnelles parfois floues, ce qui peut créer un sentiment d’instabilité et de frustration.
Au total, 2 850 dossiers administratifs feront l’objet d’un examen dans le cadre de cette opération de régularisation . Ces dossiers comprennent notamment 450 postes budgétaires, 200 reclassements tous corps confondus, ainsi que l’intégration d’une dizaine de pré-salariés. L’initiative prévoit également la régularisation de 2 000 agents au titre de l’année 2026, avec une projection additionnelle de 1 600 régularisations envisagées pour 2027.
Au-delà de ces chiffres, les travaux de la commission s’étendront à la redéfinition du cadre réglementaire, à la clarification du statut particulier des agents de santé, ainsi qu’à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.
La question posée par cette opération touche directement à la performance des services de santé. Un agent dont la situation administrative n’est pas clarifiée peut difficilement s’inscrire dans une dynamique durable de carrière, ce qui peut à terme influencer la qualité du service rendu aux patients.
En s’attaquant à ces dysfonctionnements, les autorités veulent restaurer un minimum de cohérence dans la gestion des ressources humaines. Mais cette initiative souligne aussi l’ampleur des retards accumulés au fil des années et la difficulté à harmoniser les données entre les différentes administrations.
Sous la coordination d’Alain Charles Rotimbo, Secrétaire Général du Ministère de la Santé, cette commission devra remettre ses conclusions et son rapport final au Gouvernement le 22 mai prochain. Les systèmes de santé africains sont déjà sous pression, ces lenteurs administratives deviennent un facteur aggravant. Elles ne relèvent plus seulement de la bureaucratie, mais participent indirectement aux défis de performance et d’efficacité des hôpitaux.