Le gouvernement serre la vis sur les comptes de campagne après les scrutins de 2025

Le ton se veut ferme, le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, a appelé l’ensemble des candidats aux élections législatives, locales et sénatoriales de 2025 à se conformer strictement à leurs obligations en matière de transparence financière.

Dans un communiqué officiel, le patron de l’administration territoriale rappelle que tous les candidats ayant pris part aux scrutins de septembre et novembre derniers doivent impérativement déposer leurs comptes de campagne auprès des juridictions compétentes. Sont concernés aussi bien les candidats élus que ceux n’ayant pas remporté de mandat.

Cette exigence s’appuie sur plusieurs dispositions de la loi organique n°001/2025 du 19 janvier 2025, qui encadre le financement de la vie politique au Gabon. Les textes imposent notamment la transmission d’un état détaillé des ressources mobilisées durant la campagne, ainsi que l’ensemble des justificatifs relatifs aux dépenses engagées.

Les dossiers doivent être déposés soit au greffe de la Cour des comptes du Gabon, soit auprès des chambres provinciales compétentes. Ces institutions ont pour mission de vérifier la conformité des comptes, d’identifier d’éventuelles irrégularités et, le cas échéant, de prononcer des sanctions.

Et celles-ci peuvent être lourdes. Le ministre Adrien Nguema Mba met en garde sur le refus de produire un compte de campagne expose les contrevenants à des conséquences majeures, allant jusqu’à la perte du mandat acquis et à la suspension des droits politiques. Une disposition prévue par l’article 371 de la loi, qui traduit la volonté des autorités de renforcer la discipline électorale.

Au-delà du simple rappel administratif, cette sortie suit un soucis de réforme plus large du système électoral gabonais. Depuis l’adoption de la nouvelle loi organique en 2025, les pouvoirs publics affichent leur ambition de moraliser la vie politique, en limitant les financements opaques et en encadrant davantage les dépenses électorales.

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Cette exigence de reddition des comptes constitue un test de crédibilité pour les institutions. Elle vise à instaurer une culture de transparence dans un environnement politique souvent critiqué pour son manque de traçabilité financière.

Reste désormais à savoir dans quelle mesure les candidats concernés se conformeront à ces obligations, et si les organes de contrôle disposeront des moyens nécessaires pour assurer un suivi rigoureux. Car au-delà des textes, c’est bien l’effectivité des sanctions qui déterminera l’impact réel de cette mesure sur la gouvernance électorale au Gabon.

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