Soudan : la guerre entre dans sa quatrième année, malgré une aide internationale de plus de 1,3 milliard d’euros

Alors que la guerre au Soudan entre dans sa quatrième année, la communauté internationale tente de renforcer son soutien humanitaire face à ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ». Une conférence internationale organisée à Berlin a récemment permis de recueillir plus de 1,3 milliard d’euros de promesses d’aide, dans un contexte d’urgence extrême.

Une guerre qui s’enlise depuis 2023

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit violent opposant l’armée soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR) menées par Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti. Les combats ont causé des dizaines de milliers de morts et déplacé environ 11 millions de personnes, selon les estimations de l’ONU.

La guerre a profondément déstabilisé le pays, détruit les infrastructures essentielles et plongé une grande partie de la population dans la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

La conférence de Berlin : un soutien financier important mais insuffisant

Réunis à Berlin, plusieurs gouvernements, agences humanitaires et organisations de la société civile ont annoncé des engagements dépassant 1,3 milliard d’euros pour soutenir les populations soudanaises. Cependant, les deux belligérants n’ont pas été invités à la conférence.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a salué un « signe positif », tout en rappelant que les besoins restent largement supérieurs aux financements actuels. L’ONU souligne en effet que moins de 40 % des besoins humanitaires avaient été couverts l’année précédente, et que le programme 2026 n’est financé qu’à environ 16 %.

Une crise humanitaire toujours plus grave, des combats toujours actifs et une légère accalmie à Khartoum

Lire Aussi:  Nigeria : Au moins 150 morts dans les inondations dévastatrices à Mokwa

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé une situation de « cauchemar » et appelé à un arrêt immédiat des combats ainsi qu’à la fin des ingérences étrangères qui alimentent le conflit.

La guerre a provoqué des déplacements massifs, la destruction de villes entières et la propagation de la famine dans plusieurs régions, notamment au Darfour et au Kordofan. Certaines zones sont déjà officiellement en situation de famine, tandis que d’autres sont considérées à haut risque.

Malgré une intensification des combats dans certaines régions comme le Kordofan du Sud et le Nil Bleu, un calme fragile s’est installé à Khartoum, reprise par l’armée en 2025. Environ 1,7 million de personnes seraient revenues dans la capitale, où une reprise progressive des activités est observée : réouverture des marchés, reprise du trafic et organisation d’examens scolaires.

Cependant, la menace reste omniprésente en raison des destructions et des explosifs non désamorcés.

Une guerre alimentée par des soutiens extérieurs

Les efforts diplomatiques du groupe dit du « Quad » (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte) n’ont pas permis de progrès significatifs. Plusieurs puissances régionales sont accusées de soutenir indirectement les deux camps, compliquant toute solution politique durable.

L’ONU et l’Union africaine alertent sur le rôle de ces ingérences, estimant qu’elles prolongent le conflit et réduisent les chances de paix.

Une crise oubliée malgré son ampleur

Malgré son ampleur dramatique, la guerre au Soudan reste relativement peu médiatisée par rapport à d’autres crises internationales. À Berlin, plusieurs responsables ont insisté sur la nécessité de maintenir l’attention mondiale sur ce conflit.

Lire Aussi:  Présence stratégique au Vatican : Oligui Nguema prépare l’avenir diplomatique du Gabon

Comme l’a rappelé la représentante de l’ONU au Soudan, la population vit une succession continue de violences, de déplacements et de destructions, dans un cycle qui semble sans fin.

 Trois ans après son déclenchement, la guerre au Soudan continue de détruire le pays et de fragiliser toute la région. Malgré les efforts diplomatiques et les promesses d’aide internationale, la situation humanitaire reste critique et l’espoir d’une paix durable demeure incertain.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *