Les déclarations du ministre de l’Économie, Henri Claude Oyima, annonçant l’arrêt des subventions et la fermeture des écoles publiques jugées « inefficaces ». En plaçant la performance chiffrée au cœur du financement scolaire, l’État semble amorcer un tournant préoccupant, susceptible d’aggraver les inégalités et de remettre en cause les fondements mêmes du service public de l’éducation.
Les propos du ministre de l’Économie, Henri Claude Oyima, affirmant dans une récente vidéo que « les subventions accordées aux écoles publiques dépourvues de résultats seront arrêtées » et qu’« un établissement qui ne produit aucun impact sera fermé, car l’argent public n’a pas vocation à financer l’inefficacité », ont suscité une vive inquiétude au sein de l’opinion. Cette déclaration laisse entrevoir une transformation profonde, et préoccupante, du rapport de l’État à l’école publique, désormais envisagée sous une lecture strictement comptable.
En plaçant la notion de « résultats » au cœur du financement des établissements scolaires publics, le ministre adopte une logique de performance inspirée du monde de l’entreprise, peu compatible avec les réalités complexes du système éducatif. L’école publique ne peut être évaluée uniquement à l’aune de chiffres, de taux de réussite ou de statistiques. Ses missions dépassent largement la simple production de performances mesurables : elle forme des citoyens, favorise la cohésion sociale et constitue un pilier essentiel de l’égalité des chances.
Dès lors, une question fondamentale se pose : comment définir l’« inefficacité » d’une école ? Les résultats scolaires dépendent largement du contexte social, économique et familial des élèves. Fermer des établissements en difficulté reviendrait à ignorer ces facteurs structurels et à faire porter aux écoles la responsabilité de problèmes qui relèvent bien souvent de politiques publiques plus larges, notamment en matière de lutte contre la pauvreté, d’aménagement du territoire ou de soutien aux familles.
De nombreux établissements publics accueillent des élèves issus de milieux défavorisés, confrontés à la précarité, au décrochage scolaire ou à des conditions d’apprentissage dégradées. Supprimer leurs subventions, loin d’améliorer la situation, risquerait d’aggraver les inégalités éducatives et de priver les populations les plus vulnérables de leur principal levier d’ascension sociale. Pire encore, sous la pression des résultats, certains établissements pourraient être tentés de sélectionner leurs élèves ou d’exclure ceux qui « font baisser les statistiques », trahissant ainsi la mission inclusive et universelle de l’école publique.
Cette orientation interroge également la responsabilité même de l’État. Lorsqu’une école « ne produit aucun impact », n’est-ce pas aussi le symptôme d’un manque de moyens, de formation des enseignants, d’infrastructures adaptées ou d’accompagnement institutionnel ? Fermer un établissement sans s’attaquer aux causes profondes de ses difficultés apparaît comme une réponse simpliste à un problème complexe.
Enfin, la déclaration du ministre alimente la crainte d’un désengagement progressif de l’État dans l’éducation publique. En conditionnant le financement à la performance, le risque est grand de transformer un droit fondamental en un privilège réservé aux territoires déjà favorisés, accentuant ainsi les fractures sociales et territoriales.
L’éducation ne peut être réduite à une logique de rentabilité sans remettre en cause les principes mêmes d’égalité, de solidarité et de justice sociale qui fondent le service public. Investir dans l’école publique, y compris et surtout lorsqu’elle est en difficulté, n’est pas une dépense inefficace : c’est un choix de société.
Normal il suffit de compiler sur 5 ans les,résultats des différentes concours d’entrée aux grandes écoles (ENS, ENSET,ENA,ISTA,IAI,IEF,,INSAB.Polytech USTM…)et de voir le rendement de chacune d’elles.
Le ministre n’a jamais parlé « d’écoles publiques » mais d’établissement publique au sens d’entreprises publiques ou parapubliques comme la CDC, l’AGASA, La Caistab, le CGC, etc.
Les écoles et lycées publics ne sont pas concernés par cette observation du Ministre.
Ce Monsieur vit sur une autre planète. Même les pays qui nous inspirent n’ont pas touché à l’école publique, c’est nous qui allons faire disparaitre ce système là ? L’argent qui finance le système sort de sa poche ou bien ce sont les impôts des Gabonais et l’argent issu des ressources qui sont exportées? On n’ est pas dans le privé ! Et quelles sont les conditions de performance qu’il a mis en place ? Les enseignants vivent chichement, le niveau scolaire a baissé à tous les niveaux, les établissements sont sous-equipes.
QUAND UN MINISTRE CONFOND ECOLE ET ENTREPRISE
L’éducation n’est pas une usine à rendement, M. le Ministre
Une vision d’une indigence intellectuelle consternante
M. Oyima devrait méditer cette vérité : un pays qui ferme ses écoles ouvre ses prisons.
(t(- La vraie « inefficacité », ce n’est pas celle des écoles en difficulté — c’est celle d’un État qui refuse de les soutenir.
L’EDUCATION COUTE CHER ? ESSAYEZ L’IGNORANCE.