Rentrée des classes : entre confusions et précipitations

Officiellement, les élèves gabonais ont repris le chemin des classes ce lundi 1er septembre, conformément au calendrier fixé par le ministère de l’Éducation nationale. Mais cette rentrée ne convainc pas. Organisation précipitée, orientations floues et inquiétudes liées aux élections à venir brouillent l’atmosphère d’un rendez-vous pourtant essentiel pour des milliers de familles.

Dans plusieurs établissements, la reprise s’est faite à pas comptés. Des parents, prudents, ont préféré différer le retour de leurs enfants en attendant davantage de clarté. Le Secrétariat d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle (Sosup), déjà critiqué pour ses lenteurs, peine encore à finaliser certaines affectations. Des dossiers non traités et des affectations incomplètes alimentent le sentiment d’improvisation.

La proximité du scrutin législatif et local ajoute une couche d’incertitude. La pré-campagne mobilise déjà de nombreux enseignants et agents du ministère, dont certains seront sollicités comme acteurs du processus électoral. Syndicats et associations de parents redoutent des perturbations qui pourraient fragiliser le calendrier scolaire.

Consciente des inquiétudes, la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a tenté de rassurer. Elle assure que « le calendrier scolaire ne prévoit pas de vacances intermédiaires durant la période électorale » et que les intérims pour les agents mobilisés seront « appliqués dans le strict respect des réglementations ». Des garanties qui peinent pourtant à dissiper les doutes.

Sur le terrain, les réserves persistent. À Libreville, Marie, mère d’un élève de 5e, confient : « Avec tout ce qui se dit autour des élections et l’organisation encore confuse, je préfère attendre la fin septembre pour envoyer mon fils. Je veux être certaine que l’année se déroulera normalement. » Même constat chez Akoma Daniel, enseignant de philosophie en poste à Lambaréné : « Beaucoup d’écoles restent délabrées. Et lancer la rentrée en pleine période électorale donne l’impression d’une précipitation mal assumée. »

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Entre classes encore vétustes, organisation brouillonne et tension politique, l’année scolaire démarre sur un fil. Reste à savoir si le ministère parviendra à conjuguer les impératifs éducatifs avec le climat électoral, sans compromettre l’avenir de milliers d’élèves.

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