Réforme foncière : le pari du numérique face aux lenteurs administratives et aux litiges récurrents

Face aux lenteurs administratives et aux litiges récurrents, le gouvernement gabonais mise sur la digitalisation du cadastre pour assainir la gestion foncière. Une ambition qui dépasse la simple modernisation technique et vise à rétablir la confiance entre l’État et les citoyens.

À Libreville, la question foncière reste un point de friction majeur entre administration et usagers. Dossiers en attente, procédures opaques, titres contestés, autant de dysfonctionnements que les autorités entendent corriger à travers une réforme structurelle portée par le numérique. La rencontre du 5 mai 2026 entre Mays Mouissi et Mark Alexandre Doumba s’inscrit dans cette volonté de transformation en profondeur.

Au-delà de la technologie, c’est bien une crise de confiance que le gouvernement cherche à résoudre. La digitalisation du cadastre apparaît comme un levier pour rendre les procédures plus transparentes et limiter les interventions humaines souvent pointées du doigt. En permettant aux usagers de suivre leurs dossiers en ligne et en sécurisant les données, l’État espère réduire les contentieux et restaurer la crédibilité de l’administration foncière.

Parmi les initiatives déjà engagées figure notamment l’application Ogooué, conçue pour faciliter le suivi des dossiers fonciers en ligne. Bien que prometteurs, ces outils se heurtent encore à certaines contraintes techniques, notamment en matière d’infrastructures et d’interconnexion des systèmes administratifs. D’où l’importance, soulignée par le ministère de l’Économie numérique, de bâtir une architecture cohérente et interopérable à l’échelle de l’État.

Mais la transition numérique pose aussi des défis importants. L’interconnexion des services, la fiabilité des bases de données et l’adaptation des pratiques administratives nécessitent une coordination étroite entre les institutions. C’est dans cette optique que le ministère en charge du numérique insiste sur une approche globale, intégrant tous les acteurs publics concernés.

Lire Aussi:  Sous la Ve République, encore des étudiants gabonais confrontés à des retards de bourses

Le projet bénéficie par ailleurs d’un contexte favorable, marqué par l’appui de partenaires techniques et financiers comme la Banque mondiale, dans le cadre du programme Gabon Digital. Cette collaboration pourrait permettre d’accélérer la mise en œuvre, à condition que les besoins soient clairement définis et que la feuille de route annoncée soit suivie d’effets concrets.

À travers cette modernisation administrative. Pour le Gabon, il s’agit de sécuriser durablement la propriété foncière, d’encourager l’investissement et de réduire les tensions sociales liées à l’accès à la terre. Un chantier ambitieux, où le numérique est encore appelé à jouer un rôle clé dans la refondation du lien entre l’État et les citoyens.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *